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 Le Zoroastrisme

 

Les origines

Les origines du Zoroastrisme se confondent avec celles du prophète Zarathushtra, encore appelé Zoroastre. Les avis divergent quant à la période de sa vie. On pensait qu'il avait vécu vers les années 600 avant J.C. mais en raison des particularités de sa langue, les spécialistes le situent maintenant vers 1500 avant J.C. On ne connaît pas grand chose de sa vie. On sait seulement qu'il était prêtre, c'est le seul grand prophète à l'avoir été dans toute l'histoire des religions, qu'il était marié et qu'il avait des enfants.

Une représentation du prophète Zarathushtra.

A l'âge de trente ans, il eut sa première vision qui l'entraîna à prêcher un message nouveau. En raison du caractère très démocratique au niveau moral de ce message, il fut persécuté et dut fuir. Ces nouvelles idées n'étaient pas du goût du clergé en place et des princes régnants. Il lui fallu dix ans avant de convertir son premier disciple, qui était son cousin. Un roi local, Vishtap, accepta son message qui devint la religion officielle de ce petit royaume. Elle s'étendit ensuite à l'ensemble de la Perse. Lorsque Cyrus fonda l'empire Perse au VIème siècle avant J.C. elle devint religion d'état. La conquête musulmane du VIIIème siècle de notre ère mis fin à la domination impériale du Zoroastrisme. Nombre de fidèles se réfugièrent alors en Inde.

Un village de la plaine de Yezd. La majorité des zoroastriens vivant encore en Iran sont installés dans cette plaine.

Aujourd'hui bien qu'un certain nombre de zoroastriens demeure encore en Iran, en particulier dans la plaine de Yezd, le plus grand groupe appartenant à cette religion se situe en Inde sous le nom de Parsis. Ils jouent un rôle important dans ce pays et certains ont adaptés les rites anciens en les simplifiant.

 

Les textes

L'essentiel de l'enseignement de Zarathushtra est conservé dans dix sept hymnes nommés les Gathas. Son enseignement ne se limite pas à ces seuls textes mais ce sont les seuls qui soient parvenus jusqu'à nous. Ecrits sous forme de poèmes, il devaient servir d'aide à la mémoire à une époque où l'écriture était peu connue. Ces hymnes sont maintenant au centre du culte. Au cours des siècles, cet enseignement s'enrichit notamment d'explications doctrinales pour aboutir à un ensemble intégrant tous ces enseignements nommé l'Avesta. Elle est composée de plusieurs parties dont le Yasna et le Vidêvdât.

Bas relief représentant Cyrus le grand. Cet empereur fit du Zoroastrisme la religion d'empire.

Au Xème siècle, avec la migration des zoroastriens vers l'Inde, suite à la conquête musulmane, une intense activité littéraire eut lieu. Elle était destinée à encourager et à instruire les fidèles et fut écrite dans la langue de l'époque le Pahlavi. Le livre saint, l'Avesta, était alors rédigé dans une langue comprise uniquement par les prêtres érudits. A cette époque on en fit des traductions et des commentaires pour défendre la foi zoroastrienne face aux autres doctrines, musulmane, chrétienne, et hindoue.

Une cérémonie Parsi en Inde. Une jeune fille de sept ans reçoit le kusti, cordon sacré que les fidèles portent toute leur vie autour de leur taille.

 

L'enseignement

Le trait le plus marquant de l'enseignement de Zarathushtra est sans doute son insistance sur la religion personnelle. A tout être humain appartient le choix du bien et du mal. L'homme sera jugé en fonction du choix qu'il aura fait, quel que soit son statut social. Ce nouveau principe lui valut à l'époque de nombreux ennuis avec le clergé et les princes en place qui s'octroyaient à eux seuls le paradis. Les humains ayant choisi le bien iront au ciel et ceux ayant choisi le mal iront en enfer.

Dieu, aussi appelé le Seigneur Sage (Ahura Mazda) est le créateur de toutes choses. Il est l'ami des hommes et est d'une débordante générosité. Le mal lui est étranger. Ce mal est le fait de l'Esprit Destructeur, (Angra Mainyu), violent et destructeur. Il règne sur les enfers et est l'ennemi de Dieu. Il n'est nullement un ange déchu, ce qui aurait pour conséquence, en dernier ressort, la responsabilité de Dieu sur le mal. Dieu a créé le monde et les hommes pour l'aider à lutter dans son combat permanent contre le mal.

Représentation de Fravahar, symbole de la religion zoroastrienne. Souvent identifié à Ahura Mazda, ce symbole pourrait en fait représenter la gloire du roi des Perses. Ahura Mazda étant un pur esprit, il n'existe pas de représentation. Sculpture en relief à Persépolis.

Dieu a également créé de nombreux êtres célestes les Amesha Spentas où Généreux Immortels qui représentent des entités abstraites: Bonne pensée (Vohu Manah), Dévotion (Armaiti), Ordre universel (Asha Vahishta), Pouvoir (Kshathra), Santé (Haurvatat) et Immortalité (Amererat). Ce sont en fait des idéaux auxquels le juste doit aspirer. En participant à la puissance de Dieu, l'homme, en menant une vie dévote et ordonnée, accède à l'immortalité. Chacun de ces Généreux Immortels doit protéger l'une des six créations constituant la Bonne Création de Dieu (le bétail, le feu, la terre, le ciel, l'eau et les plantes). De la même façon, chacune de ces créations doit représenter un Généreux Immortel lors des cérémonies importantes. Chaque représentant céleste a donc un représentant terrestre et inversement. De la même façon, l'Esprit saint (Spenta Mainyu) est représenté dans les cérémonies par le prêtre.

Amesha Spenta Création Eléments rituels Période consacrée
Kshathra Le ciel Un pilon et un mortier de pierre, un couteau de silex (ou en métal lorsque la représentation du ciel est métallique) Milieu du printemps
Haurvatat L'eau L'eau purifiée utilisée dans les libations Milieu de l'été
Armaiti La terre L'enclos consacré Fête de la moisson
Amererat Les plantes Des plantes, pains de blé, brindilles Retour des troupeaux de transhumance
Vohu Manah Le bétail Le lait et le beurre Milieu de l'hiver
Asha Vahishta Le feu Les flammes sacrées Jour de l'an
Spenta Mainyu L'homme juste Le prêtre Fête des morts

Pour Zarathushtra le monde est bon, mais encore soumis aux attaques du mal. Mais un jour le monde reviendra à la perfection originale, les morts ressusciteront et seront jugés. Les justes resteront avec Dieu et les méchant iront en enfer.

 

Les croyances

Ahura Mazda et Angra Mainyu ou en moyen persan Ohrmazd et Ahriman se livrent sur la terre à une bataille sans merci et perpétuelle. Le monde matériel est bon car créé par Dieu. Le mal avec pour effets la violence, le chaos, la volonté de détruire, la malheur, les maladies... sont des calamités, œuvres d'un esprit mauvais totalement indépendant. Tout cela ne sert qu'à nuire à la perfection divine.

Le rituel du feu sacré est au centre de toute cérémonie de bénédiction (jashan). Le feu est le propre fils d'Ahura Mazda. Il doit toujours rester à l'abri des regards et de la lumière, aussi il est conservé dans des temples du feu (afargans) où les prêtres alimentent le foyer en bois de santal en veillant bien que les flammes ne s'éteignent jamais.

Selon le mythe de la création, Angra Mainyu s'est employé à créer le chaos sur une création bien ordonnée. La terre qui était plane s'est vue ébranlée par la création de montagnes et de vallées, la fumée perturbe le feu… Aussi, l'homme et le taureau archétypiques meurent. Mais en mourant, le taureau donne naissance au bétail et l'homme donne naissance à une plante dont les feuilles en poussant forment le premier couple humain. Le mal a échoué dans son œuvre de destruction. Angra Mainyu est pris au piège et livre alors bataille. Pendant 3000 ans les forces sont équilibrées puis naît Zarathushtra qui ayant eu la révélation fait pencher la balance du côté du bien. Un nouveau combat de 3000 ans s'engage au cours duquel naîtront trois sauveurs détruisant chacun une partie du mal. Le troisième ressuscitera les morts et les présentera au jugement dernier. Même les plus mauvais ne séjourneront qu'un temps limité en enfer, la terre reprendra son état originel et Ahriman aura perdu tout son pouvoir. Ce ne sera pas la fin du monde, car cela impliquerait la fin de la création de Dieu mais la rénovation de la création.

Un autel du feu ancien en Iran.

Dans le Zoroastrisme, la nature humaine comporte deux faces, l'une matérielle, l'autre spirituelle, toutes deux créées par Dieu. D'où l'idée de deux jugements que l'homme doit affronter.
Un premier jugement se situe après la mort physique. L'âme est conduite par sa daena (la conscience représentée sous les traits d'une jeune fille) vers le pont chinvat, celui du jugement. Là, les actions, les pensées et les paroles sont pesées. Si le bien l'emporte sur le mal, la conscience de l'homme le conduit au ciel. Si le mal l'emporte, elle le conduit dans un enfer, la Maison du Mensonge. Ce premier jugement est un jugement de l'esprit car le corps reste sur terre.
Le deuxième jugement a lieu lors de la résurrection et est un jugement du corps. L'homme retourne une nouvelle fois au ciel ou en enfer pour être récompensé ou châtié physiquement. Tout homme, corps et âme, alors purifié, peut rejoindre Dieu, dans la perfection de son être purifié, sa destinée dernière étant d'être avec Dieu.
Le zoroastrien ignore la doctrine du péché originel et celle d'un homme mourant pour le salut de tous. Tout homme est responsable, pour sa part, de la bataille cosmique entre Ahura Mazda et Angra Mainyu, et de sa propre destinée. C'est une religion de la détermination et de la décision.

 

De AACAWEB