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Temple d'or - Japon

 Le Zen

 
De l'Inde au Japon

Le zen (japonais , « méditation silencieuse »), chán en mandarin ou dhyāna en sanskrit, est une forme de bouddhisme mahâyâna qui insiste particulièrement sur la méditation, ou « illumination intérieure ».

Le mot zen japonais est la traduction du mandarin chán, lui-même emprunté au sanskrit dhyāna, recueillement parfait.

En français, le mot zen est aussi utilisé pour signifier un état de tranquillité, d'indifférence à l'agitation du monde ; c'est devenu dans le langage courant un adjectif synonyme de « serein ».

 

 

Temple zen - Nagazaki

Origines

La légende de l'origine de la tradition zen et de la lignée de ses maîtres remonte à un sermon du Bouddha Shâkyamuni à ses disciples alors qu'ils étaient réunis sur le Mont des vautours, relaté dans le Sutra Lankavatara. Pour tenter d'expliquer un point de son enseignement, il se contenta de cueillir silencieusement une fleur d'udumbara. Aucun des disciples n'aurait compris le message qu'il tentait de faire passer, à l'exception de Mahâkâshyapa, qui aurait souri au Bouddha. Celui-ci lui aurait alors dit devant l'assemblée qu'il lui avait ainsi transmis son trésor spirituel le plus précieux. C'est une préfiguration de la description du chan que l’on prêtera à Bodhidharma : « pas d’écrit, un enseignement différent [de tous les autres], qui touche directement l’esprit pour révéler la vraie nature de bouddha »

 

De l'Inde à la Chine

Bodhidharma, vingt-huitième patriarche dans la filiation indienne, serait venu en Chine autour de 520. Les différents textes chinois qui le mentionnent ne s’accordent pas exactement sur son origine (Kânchîpuram au sud de l’Inde ou Perse), ni sur sa route (arrivé par l’Ouest ou par un port du Sud-Est). On lui prête un attachement particulier pour le Sutra Lankavatara, et la première école chan constituée est connue sous le nom d'école Lankâ.

Une légende attestée à partir du XIe siècle au monastère de Shaolin en attribue la fondation à Bodhidharma, en faisant ainsi l’initiateur des arts martiaux d'Extrême-Orient. Néanmoins, bien qu’il existe au Kerala un type de yoga offrant une certaine similitude extérieure avec le kung-fu, des gymnastiques de type qigong semblent être mentionnées sur des textes chinois datant du Ve siècle av. J.-C., et les arts martiaux au mont Song ont précédé Bodhidharma, si tant est qu'il s'y rendît jamais.

 

 

Jardin d'un temple chan à Nanjing - Chine

De la Chine à la Corée

Au IXe siècle, le bouddhisme zen, appelé son en Corée, fut intégré au bouddhisme étatique déjà présent depuis le IVe siècle. Le son coréen pratique la prosternation, le chant, la méditation assise. Il utilise des mantras et des gong'an (kōan japonais).

 

 

Jardin d'un temple zen de Kyoto - Japon

De la Corée au Japon

Du VIe au XIIIe siècle, le bouddhisme zen fut importé de Chine au Japon via la Corée, par vagues successives. C'est au XIIIe siècle que le moine Dogen importa le zen Soto, en mandarin, et le moine Eisai (parfois appelé Yōsai) le zen Rinzai (Linji en mandarin). Ces deux écoles, comme en Chine à partir des Song , constituent encore aujourd'hui avec l'école obaku le paysage du zen japonais. C'est le zen Rinzai qui va cependant s'imposer, du moins politiquement dans un premier temps, avec la mise en place du système dit des Cinq Montagnes où cinq temples chapeautent tous les autres. En fait il y aura dix temples, cinq à Kyoto et cinq à Kamakura, qui varieront au fil du temps. Le courant zen et la pratique du zazen (méditation assise pratiquée pour atteindre l'éveil) eurent beaucoup de succès au Japon et s'accompagnèrent du développement par les moines de plusieurs arts et techniques, soit directement importés de Chine, soit créés localement en intégrant des éléments du nord de la Chine et de la Corée. On peut citer comme exemple l'usage du thé ou l'esthétique simple et dépouillée. Le zen japonais est aussi fortement influencé par le taoïsme, dont on retrouve certains symboles et notions, et par le shintoïsme.

 

 

Pierres et graviers - Jardin d'un temple zen de Kyoto - Japon

Approche

On peut grossièrement dire que le zen Sōtō met l'accent sur la pratique de zazen (de za assis et zen méditation), alors que le zen Rinzai insiste plus sur les koan, apories à but pédagogique.

Zazen est l'éveil (satori) : la pratique elle-même est réalisation, pratique et éveil sont comme la paume et le dos d'une main. Il suffit de s’asseoir immobile et silencieux pour s’harmoniser avec l’illumination du Bouddha. Néanmoins, selon la logique zen, même l'éveil ne saurait être un but en soi.

Les kōan (école Rinzaï) sont des propositions le plus souvent absurdes ou paradoxales que pose le maître et que le disciple doit dissoudre (plutôt que résoudre) dans la vacuité du non-sens, et, par suite, noyer son moi dans une absence de tensions et de volonté, que l'on peut comparer à la surface parfaitement lisse d'un lac reflétant le monde comme un miroir.

Comme toutes les versions sinisées du bouddhisme, le zen appartient à l'ensemble mahâyâna qui affirme que chacun possède en soi ce qu'il faut pour atteindre l'illumination. Certaines écoles (tiantai, huayan) considèrent que chacun et toute chose est « nature de Bouddha ». La position zen, plus proche du courant philosophique idéaliste yogaçara, considère que la seule réalité de l'univers est celle de la conscience ; il n'y a donc rien d'autre à découvrir que la vraie nature de sa propre conscience.

 

Les moines des temples zen mettent un point d'honneur à élaborer des jardins magnifiques, inspirant aux adeptes le calme de l'esprit.

 

Moines - Musée chinois de Nagasaki

 

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