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VI.
Cher objet
de mes feux, pour toi seul je respire ;
Augmente mes ardeurs, ô mon unique bien !
T'aimer, mourir d'amour, c'est tout ce que je désire
Ce cœur qui t'est uni par le plus doux lien.
VII.
Nourri du
pain sacré, je suis ton tabernacle ;
Mon âme est ton palais, ton temple, ton autel ;
Il n'est rien que j'envie au bonheur du cénacle ;
Tu me donnes déjà quelque avant-goût du ciel.
VIII.
Le ciel, ô
mon Jésus, c'est toi !… Chastes délices,
Le monde ne saurait soupçonner vos douceurs :
Il me plaint, ne voyant en moi que sacrifices ;
Il ignore, grand Dieu, vos biens et vos faveurs !
IX.
Vainement le
monde s'apprête
A troubler ma paix, mon bonheur ;
Je laisse gronder la tempête,
Je repose en ce divin Cœur.
Oui, je brave, sous cette égide,
Tous mes ennemis à la fois ;
Et de souffrir je suis avide,
Quand je vois mon Chef sur la Croix.
X.
Dans ses
mains que l'amour captive,
Je trouve un asile chéri ;
Dans ses pieds sacrés, ma foi vive
Me découvre un nouvel abri.
Mais l'heureux centre auquel l'aspire,
C'est son Cœur ouvert sur ce bois ;
C'est là que doux est son empire ;
Oui, le bonheur est dans la croix.
XI.
Mondains,
vos honneurs, vos richesses,
Ne sont point l'objet de mes vœux ;
Gardez vos trompeuses promesses
De plaisirs et de jours heureux.
Le Cœur de Jésus est l'asile
Que son amour offre à mon choix.
J'y cache ma vertu fragile :
Tout mon salut est dans la croix.
XII.
O seul ami
que j'adore et contemple,
Divin époux, ô Jésus mon espoir !
Ah ! près de toi, que ne puis-je, en ce temple,
Couler mes jours jusqu'à leur dernier soir !
Si ton amour me ravit par ses charmes.
Ah ! donne-moi de répondre à ses feux ;
Je veux t'aimer dans les croix, dans les larmes,
En attendant de te voir dans les cieux !
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