RAMAKRISHNA

 

La transformation
 

Swami Ritajanananda

 

À travers le monde, il y a de temps en temps de grands hommes (ou femmes) qui deviennent célèbres.  Einstein, par exemple fut l’un de ceux-là, reconnu de toute part comme un grand savant, bien qu’il ait vécu toujours en Occident, sa renommée fut mondiale.  Parfois ce sont des Présidents d’États, qui même sans beaucoup se déplacer, finissent par être respectés de tous.

 

D’autres sont appelés des saints.  Quelle que soit leur origine et leur religion, leur réputation s’étend au-delà des mers sans même quitter leur pays.  Pour quelle raison ?  Parce que la religion est un facteur important et qu’elle représente un grand intérêt pour chaque être humain.  La vie des saints n’a rien de comparable à celle des savants ou des chefs d’États.  La plupart du temps ils vécurent dans des conditions limitées bien différentes des premiers.  Mais où se situe cette différence ?  C’est par leur attitude émotionnelle envers la vie et les autres êtres qu’elle s’inscrit.

 

Étudions la vie des saints :  Le premier point important, réside dans le fait qu’ils ne s’accordent eux-mêmes aucune importance.  Le saint a mis de côté l’idée de sa propre personne, de son ego.  Toutes les religions ont leurs saints, et leur histoire force l’admiration, même s’il s’agit d’une religion inconnue.

 

Prenons par exemple la vie de saint François.  Il y a longtemps qu’il n’est plus, néanmoins on pense encore à lui et on l’admire toujours.

 

D’abord saint François était totalement heureux dans sa vie facile comme le fils d’un homme riche.  Toute sa famille ne s’intéressait qu’à la vie mondaine.  Et c’est pourtant à partir de cet environnement qu’il est devenu un très grand saint complètement consacré au Seigneur. Comment cela s’est-il produit ?  La seule explication est celle-ci :  il dut avoir une expérience.  Laquelle ?

 

Personne ne le sait véritablement, même si l’on a quelques idées à ce sujet.  Il eut cette expérience dans sa vingtième année et il vécut jusqu’à 44 ans.  Ce fut une transformation.  La façon dont il vécut fut surprenante.  Tout en lui fut changé et il n’eut plus aucune idée personnelle.  Encore aujourd’hui nous ressentons une grande admiration pour lui.  Certains sentirent qu’il était le véritable Christ et il inspira ainsi une quantité d’hommes tout au long des siècles.  Je suis sûr qu’une telle vie de saint nous aide beaucoup et nous convainc que n’importe qui, voire tout le monde, peut devenir un saint, si le Seigneur le veut.  C’est Lui qui transformera l’homme ordinaire en une grande âme.  Il importe peu de savoir ce qu’était la personne avant la transformation.

 

Je vous dirai une histoire.  Sri Chaitanya de l’Inde était un homme remarquable qui devint un saint.  D’abord il ne sentait aucun intérêt pour Dieu parce qu'il était célèbre, extrêmement intelligent, beau et riche.  Aussi ne pensait-il pas au Seigneur.  Comme vous le savez, de nombreuses personnes ne s’inquiètent pas de Dieu quand elles ont dans leur vie tout ce qu’elles désirent.  Je vous parlerai peut-être de cela un peu plus avant afin de le rendre plus clair.

 

Chaitanya était appelé originairement Nimai.  Nimai était le dernier enfant de ses parents, qui avaient eu de nombreux enfants dont certains étaient morts, il était le seul fils qui leur restait.  Son frère aîné était parti après avoir compris l’importance de la vie spirituelle. En raison du départ de ce fils aîné, les parents pensaient que Nimai ne devait pas aller à l’école où il pouvait glaner des idées semblables. Mais quand l’enfant eut trois ou quatre ans, il devint très désagréable et méchant alors il fut très difficile de le garder à la maison.  Ainsi il fut mis finalement à l’école.

 

Comme il était très intelligent, il étudia très bien et termina ses études en un temps très court.  Quand il eut seize ans il était déjà expert en de nombreuses matières.  Il ouvrit sa propre école, comme c’était la coutume à cette époque.  Il eut de nombreux élèves car il était d’une part bon professeur, d’autre part bel homme et très intelligent et il attirait les foules.  Il accumula ainsi une richesse considérable.  En conséquence, il s’intéressait peu à la spiritualité profonde.  Comme je vous le disais, quand les gens ont en abondance le confort et les moyens matériels, ils ne pensent pas à Dieu.  Plusieurs années se passèrent dans ces conditions.  Il se maria également.  Quand il devint populaire, il voulut aussi devenir célèbre dans sa partie.  Il eut en ces temps de grands débats avec les pandits qu’il pouvait vaincre en raison de sa forte intelligence.  C’est là qu’il acquit plus de succès encore et devint réputé.

 

Un grand saint appelé Ishwarapuri, venait là chaque année, dans le village où vivait Nimai et cela attirait beaucoup de monde car il était saint et érudit et pouvait ainsi bien expliquer les Écritures.  Mais Nimai n’aimait pas beaucoup aller le voir et quand il le faisait, il déformait les enseignements d’Ishwarapuri et le ridiculisait même.  Naturellement cela choquait ses amis, mais le saint ne discutait pas beaucoup avec lui et n’exprimait aucune colère.  Cela se reproduisait chaque année.  Nimai alla ainsi visiter de nombreux endroits pour tenir des débats avec des pandits et remporta de grands succès.  Cela se poursuivit pendant quelque temps.  Mais quand il revint chez lui, sa femme était morte.  Bien entendu il se sentit très triste et malheureux, mais sa mère le consola et lui trouva une autre femme.

 

Comme c’est la coutume dans notre pays, pour célébrer une cérémonie religieuse en l’honneur des ancêtres on va à Gaya.  Nimai décida de faire le pèlerinage et y célébrer les rites.  Gaya est un lieu éloigné et il dut marcher plusieurs jours avec des amis qui partirent avec lui. En chemin il se sentit malade et arriva à destination dans cet état.  Ses amis l’installèrent dans une maison et le soignèrent.  En même temps Ishwarapuri arriva dans cette même maison ainsi il vit Nimai malade et voulut l’aider.  Il n’avait aucun mauvais sentiment envers lui, même si Nimai l’avait très mal traité auparavant.  Ishwarapuri s’assit avec bienveillance auprès de lui et lui donna un mantra à répéter et à méditer.  Nimai n’ayant pas d’autre choix, le fit, et quelque temps après il était capable de visiter le temple de Gaya où il se rendit dans le sanctuaire intérieur.  Là il tomba soudain inconscient.  Tout le monde pensa que cela venait de sa maladie et on lui fit quitter l’endroit.  Quand, quelque temps après, il fut capable d’ouvrir les yeux, il demanda à ses amis :  « Où est mon Krishna ? »  C’était la seule chose qu’il pouvait dire, penser et sentir pendant quelque temps.  Quand ses amis essayèrent de le convaincre qu’il n’y avait aucun Krishna, Nimai dit :  « Non.  Il était ici.  Où est-il maintenant ? » Et il continua de cette façon, devenant très excité et pleurant sans cesse. Il était incapable de parler d’autre chose.  Comme cela continuait pendant plusieurs jours, ses amis furent obligés de le ramener.  Quand il arriva chez lui la famille tout entière ne pouvait pas le comprendre et en conclut qu’il était devenu fou.  Nimai continuait d’appeler Krishna et ne pouvait parler que de Lui.  Il était évident qu’il avait atteint un niveau de conscience différent et qu’il était complètement convaincu de la réalité de Krishna.  Il ne pouvait plus trouver d’intérêt à sa première vie.  Sa mère essaya de le guérir de sa folie comme elle le pensait, par des moyens médicaux.  Mais en vain.  Finalement ils appelèrent un de ses amis proches.  Cet ami lui parla en privé et essaya de le faire revenir à sa vie normale car toute sa famille avait souffert de sa conduite étrange.  Ainsi, quelque temps après, il revint à sa conduite normale, mais il ne put jamais retrouver l’intérêt de sa première vie, c’est-à-dire avec sa famille, son école et son enseignement.  Seule la pensée de son Krishna bien-aimé le captivait et il ne chantait qu’une phrase :   «Hare Krishna Hare Krishna, Krishna Krishna Hare Hare.  Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare. » Il continuait de le chanter avec la même joie intense !

 

Peu à peu les gens se réunirent autour de lui et furent de plus en plus attirés par sa présence.  Il sentit alors que ce qu’il faisait n’était pas suffisant.  Tous les gens de toutes les religions devaient se joindre à lui.  Mais cela n’était pas possible sans qu’il devienne un sannyasin, c’est-à-dire un moine…Sa mère s’y opposait et il dut la persuader ainsi que sa femme.  C’était là ce qu’il devait faire.  Finalement il put quitter la maison, où il avait dû rester avec tant de monde autour.  En devenant moine il pouvait laisser toutes les distinctions de caste et de croyance.  Vous devez savoir qu’autrefois un sannyasin n’avait ni maison ni foyer, ni aucun moyen d’obtenir de la nourriture.  Il devait errer partout et recevait sa nourriture en mendiant.  C’est un changement complet de vie.  Nimai avait auparavant une bonne maison, de nombreux élèves et une vie confortable.  Il décida soudain de renoncer à tout parce qu’il sentait qu’il devait se consacrer au Seigneur.  Cette nouvelle conscience était très élevée.  Quelle que fut sa vision, cela changea complètement sa vie et il se consacra seulement à ce but d’enseigner la simple règle de répéter le Nom du Seigneur.  Tout le monde en serait béni et aussi ceux qui se tenaient écartés de la vie religieuse, parce que en ce temps-là les brahmanes seuls pouvaient y accéder.  Si d’autres personnes voulaient y participer, elles ne le pouvaient pas, surtout les hors caste.

 

Nimai devint ainsi un swami avec le nom de Chaitanya.  Tous les gens de basse caste se rassemblaient autour de lui et il leur dit de prier simplement le Seigneur en chantant son Nom.  C’est ainsi qu’ils seraient bénis.  Ces personnes étaient saisies par cette expérience.  Ce très beau jeune homme, un brahmane, qui sortait pour les rencontrer et leur donner le Nom du Seigneur, c’était pour eux quelque chose d’absolument inouï et plein de grandeur.  Il attirait ainsi un grand nombre de personnes en répétant continuellement ce chant.  C’était son but.  Une révolution s’était produite, qui avait changé complètement sa vie pour la consacrer à aider les gens dans leur recherche religieuse, de cette façon simple.  Et c’est ce qu’il fit jusqu’à la fin de sa vie.  Il tombait très souvent en extase et son esprit restait toujours uni au Seigneur.  C’est une transformation.

 

Je n’ai pas parlé de saint François d’Assise, parce que vous connaissez bien l’histoire de sa vie, ce qu’il fut avant et après sa transformation, quand il se consacra seulement à un but spirituel.  C’est par une force immense, qui agit en eux dans un moment particulier, que l’expérience des saints est unique.  N’importe qui ne peut avoir une telle expérience.  Vous ne pouvez pas bien entendu expliquer ce qu’est une vision.  La seule chose dont nous sommes certains c’est que l’expérience en est la base.  La personne tout entière est transformée.  Quiconque rencontrait saint François sentait immédiatement qu’il était en présence de Dieu.  Et ceci peut arriver partout dans le monde et dans toutes les religions.

 

Vous connaissez tous assurément saint Paul.  Sa transformation soudaine faite directement par Dieu se produisit par une lumière aveuglante et une forte voix qui pénétrait son être le plus profond et lui commandait de faire le travail du Seigneur.  C’est ainsi qu’il eut la conviction absolue de Jésus-Christ et qu’il sentit l’urgence de le faire connaître jusqu’aux terres les plus lointaines.  Ce fut ainsi que commença sa nouvelle vie.

 

La transformation ne signifie pas le changement du corps, mais elle se fait d’une façon différente.  Quand une personne est considérée comme morte, et qu’elle revient à elle c’est une expérience terrible qu’on ne peut comparer à un état normal.  Les gens autour d'elle sont incapables de comprendre et rabaissent cette grande expérience en la prenant pour de la folie.  Il faut du temps pour revenir à la vie normale et paraître comme avant, par la transformation intérieure elle ne peut plus être la même personne.  Même si elle continue de parler aux autres de choses anodines, intérieurement elle est éloignée du monde et n’a plus d’intérêt dans ces choses mondaines.  Cet homme transformé sent en lui une très grande joie intérieure et une conscience supérieure.  La relation qu’il a avec le Seigneur est si intense que rien d’autre dans la vie ne présente plus d’intérêt pour lui, il ne s’inquiète même plus de ses besoins, comme la nourriture. Quoi qu’on lui apporte il le mange, plus par nécessité que par gourmandise.  Parce qu’il est devenu un mendiant, (comme dans le cas des sannyasins et des moines errants), il mange n’importe quoi.  Parfois même les épluchures, il n’y a pas de différence pour eux.

 

C’est par cette grande force d’amour qu’il avait en lui que Sri Chaitanya, comme je vous l’ai déjà dit, est devenu un très grand saint de l’ordre des Vishnouites, répandu dans toute l’Inde.  Son histoire est très simple, car il a découvert que la répétition du Nom du Seigneur faite avec foi et vénération est très efficace.  Tous ceux qui ont vécu cette transformation n’éprouvent pas la nécessité d’avoir une influence sur les autres mais ils ont la conviction totale de la réalité suprême.

 

Cette causerie tend à vous donner quelques idées sur le sujet de la transformation, dont les formes sont nombreuses ; les plus connues sont les transformations physiques, émotionnelles, intellectuelles, spirituelles.  Je n’ai mentionné que la transformation spirituelle car c’est celle qui nous intéresse le plus.  Saint François, Sri Chaitanya et saint Paul furent destinés à faire un grand travail pour le Seigneur, c’est ainsi que leur transformation a été très bien connue.  On peut dire peut-être que ce fut une partie de leur mission.  Certains autres vivent la même expérience sans en parler à quiconque.  Ils ne se soucient pas de la communiquer car ils savent que l’expérience est indicible et incompréhensible aux autres.

 

Je puis vous dire une histoire intéressante qui se passa récemment.  C’est l’histoire d’un homme appelé Tom Sawyer.  Mais ce n’est pas le Tom Sawyer de l’écrivain Mark Twain que nous connaissons tous.  Cet homme est aussi un Américain, un homme simple, vivant une vie normale sur la côte ouest des États-Unis.  Étant un mécanicien, il eut au cours de son travail un accident terrible.  Toutes ses fonctions vitales furent arrêtées pendant vingt minutes.  L’équipe de l’ambulance le croyait mort.  Mais il revint à la vie vingt minutes après.  Il fut transformé pendant ce temps.  Son point de vue sur la vie ne fut plus le même.  Que s’était-il passé ?

 

Les quelques informations qu’il put donner, six ans après, sont très intéressantes et étonnantes.  Il dit que, après l’accident, il eut le sentiment d’une lumière absolue et d’un calme « jamais éprouvé auparavant » de bonheur parfait.  Il se vit alors lui-même comme un corps étendu là.  Extérieurement il n’était certainement pas bien avec ce gros morceau de métal sur lui et le sang qui coulait partout de sa bouche.  Mais intérieurement il était dans un état de bonheur parfait.  Il vit ses enfants abasourdis, l’ambulance et les brancardiers qui emportaient son corps sur une civière.  Il lui sembla alors être à une plus grande distance et il vit tout ce qui se passait sur le lieu même, les rues et au-delà.  Il semblait voir toutes les choses en même temps.  Il passa par un moment d’obscurité et se sentit très fortement attiré par quelque chose vers laquelle il se déplaçait à grande vitesse et qui devenait de plus en plus grand.  Passant à travers des stades comme celui-ci, il arriva à une lumière comme une étoile qui devint comme un soleil et ensuite comme des milliers de soleils qui finalement l’engloutirent.  Il y avait de la lumière et de l’amour d’une grande intensité.  Il semblait être lui-même la connaissance en toutes choses comme les arbres, le monde, les étoiles ; il semblait être tout à la fois.  Après en être revenu, il put s'en souvenir pour le raconter.  Il fut transformé et ne fut plus jamais le même homme.

 

Vous voyez que la transformation est possible et qu’elle peut se produire dans des circonstances diverses.  Mais elles sont rares.  Si les accidents sont nombreux, cette expérience rarissime n’est possible que par une grâce spéciale du Seigneur.  On peut rapprocher ces expériences de ce que le Christianisme appelle l’union mystique, les Hindous le samadhi, dont nous avons des nombreuses descriptions mentionnées dans tous les livres des peuples qui mènent une vie très religieuse.  Ils disent tous que c’est une très grande chance de parvenir à cet état.

 

En notre temps, la personne la plus remarquable est Sri Ramakrichna.  Mahendranath Gupta, en abrégé M., donna de nombreuses descriptions du samadhi dont Ramakrichna faisait l’expérience.  Il essaya d’expliquer ce que nous avons pu observer en de très nombreuses occasions, quand Sri Ramakrichna tombait en samadhi.  Cela se produisait en diverses circonstances.  Mais il y a une différence pour Sri Ramakrichna.  Il n’avait pas à être transformé, car il avait suivi depuis son enfance une vie hautement spirituelle. Ainsi il n’y eut pas de changement pour lui.  Il n’en avait pas besoin.  Nous connaissons heureusement sa vie dans tous ses détails depuis le début.  Il a transmis par sa vie et ses enseignements quantité d’informations uniques.  C’était lui qui transformait les autres.  De nombreux athées furent changés et devinrent des dévots.

 

Tant d’autres menaient une mauvaise vie et devinrent des gens merveilleux à la grande surprise de tous.  Par exemple, Ramachandra Datta qui était médecin et pouvait avoir tout ce qu’il désirait dans la vie, alla voir Sri Ramakrichna seulement par curiosité, et fut très surpris de rencontrer un tel saint homme.  Il fut grandement touché par l’amour immense de Sri Ramakrichna, son humilité et sa gaieté.  Il lui devint très fidèle et parla de lui à des nombreuses personnes pendant toute sa vie.

 

Pareillement je vais vous parler aussi de Girish.  Il menait une vie de bohême sans aucune croyance en Dieu.  Mais Sri Ramakrichna avait vu en lui la spiritualité et il changea Girish par son amour infini.  C’est ainsi que de nombreuses vies furent transformées d’une façon que l’on ne pouvait pas imaginer.  Il pouvait vraiment faire sentir et comprendre, de la manière la plus simple, les vérités spirituelles les plus élevées.  Quand d’autres personnes disaient des histoires compliquées sur le yoga et la kundalini-shakti, Sri Ramakrichna répondait que la foi est la base de tout et que si les gens méditaient seulement sur le Nom du Seigneur, ils pourraient obtenir toutes les expériences qu’ils désirent.  Et cela fut suivi par un grand nombre des personnes qui apportèrent la preuve que ce chemin est le plus efficace pour notre époque car elles atteignirent grâce à lui les plus hauts états spirituels, des extases et le samadhi.

 

Sri Ramakrichna nous a donné avec sa propre vie, un exemple éblouissant.  Nous pouvons dire que la transformation est possible et pour tout homme et en tout temps.

 

Je vous ai dit de cette façon qu’une transformation est nécessaire pour tous, parce que c’est alors seulement que nous sommes entièrement convaincus.  Les petites anecdotes que je vous ai citées rendent cela plus clair, sans expérience il nous est impossible d’atteindre cet état.

 

Passons maintenant à Vivekananda.  Un jeune homme, qui n’atteignit pas l’âge de quarante ans a donné une quantité formidable de conférences sous une forme très simple.  Comment ?  Il était très jeune quand il le faisait.  C’est à l’âge de vingt ans qu’il eut déjà une extraordinaire expérience qui lui garantit la Réalité.  Il n’avait plus de doutes.  Ses sentiments spirituels très intenses lui permirent de faire ce merveilleux travail.  Son idéalisme était clair et très élevé.  Il voyagea en des terres lointaines et devint un grand instructeur.  Vous voyez ainsi que cela peut arriver tôt dans la vie.  Sri Ramakrichna répète plusieurs fois :  « Si nous voulons vivre une vie spirituelle, connaissons d’abord l’Être Suprême, et la vie devient alors plus facile. »

 

Quand je vois la vie de gens avec toutes sortes de problèmes, je me souviens toujours des enseignements de Sri Ramakrichna et je pense que c’est la seule solution pour avoir une vie sans difficultés.  Une vie égale, sincère dans laquelle nous sommes heureux intérieurement, pleins de joie et en communication avec le Seigneur.