RAMAKRISHNA

 

La spiritualité hindoue
 

Swami Ritajanananda

 

La spiritualité hindoue demande une explication approfondie montrant quel est son domaine et en quoi elle diffère de la religion.  Tout ce qui concerne les formes extérieures appartient à la religion, tandis que l'ampleur de la spiritualité est dans la vie intérieure.  La religion peut être pratiquée en groupe avec des rites et des cérémonies fortement reliés à la vie sociale, elle peut avoir une doctrine et des dogmes. Mais la spiritualité est toute personnelle et individuelle ; elle ne dépend ni des formes extérieures, ni même d'une religion, elle arrive à les dépasser toutes en atteignant un état de compréhension dans lequel sont effacées même les différences qui caractérisent les diverses religions.

 

L'être humain pratiquant une religion est un homme religieux, il n'est pas forcément un être spirituel tant qu'il n'a pas découvert en lui‑même une autre qualité manifestée, celle d'une vision universelle beaucoup plus vaste que le monde observé autour de nous.

 

De nos jours, nombreux sont ceux qui veulent connaître les religions de l'Inde ; on trouve difficile de comprendre l'Hindouisme comme une religion, parce qu’il n'a pas de dogme, mais seulement des rites et des cérémonies.

 

Les Hindous appellent Dharma ce qui est pour eux leur religion.  Sanatana Dharma est la voie ancienne établie par de grands sages, les Richi ; elle est enseignée aux hommes ; elle a un but :  la Libération – Mokcha.

 

Les hommes doivent l'atteindre.  Différents chemins conduisent à la Libération.  Parmi ces chemins se trouve aussi la religion ; toutes ces voies n'apparaissent pas religieuses mais essentiellement spirituelles.  Le chemin choisi et suivi par chacun doit correspondre à sa nature individuelle.

 

Le Véda a enseigné déjà ce qui en Inde aujourd'hui encore est la base de la spiritualité et de la religion.  LA VÉRITÉ EST UNE.  Les sages lui donnent plusieurs noms.

 

C'est la base de la spiritualité hindoue.  D'autre part, l'enseignement des Oupanichad est tout métaphysique ; il insiste sur ce point :  Il n'y a qu'une seule Réalité – Brahman – le Suprême.

 

Brahman est la source de l'univers.  La création entière est pénétrée de Cela – Brahman.

 

Tant qu'un homme est à l'état de conscience de la vie ordinaire limitée, il ne sait pas que la création entière est pénétrée de Cela.  C'est un fait que personne ne peut expliquer.  Dans la vie ordinaire, nous ne sommes pas conscients de l'existence d'une seule Unité fondamentale.

 

La nature nous attire si fortement par sa variété que nous ne cherchons même pas ce qui est derrière la diversité.  On dit que la puissance de la nature extérieure nous retient sous son contrôle, nous possède et entrave notre connaissance de la Vérité ultime – Brahman.

 

La Kata Oupanichad enseigne que nos sens sont tellement captivés par la nature extérieure qu'ils ne saisissent pas la Vérité intérieure. Quand un homme courageux parvient à arrêter l'activité de son mental, il peut voir dans sa propre profondeur et il est capable de réaliser sa véritable nature :  Atman.  Il voit que Atman n'est pas différent de Brahman.

 

Les sages ont dit que la raison ne nous amène pas à cette idée grande et universelle ; il nous faut dépasser le domaine de la raison ; c'est pourquoi nous devons suivre une discipline spirituelle.

 

Mais la spiritualité ne paraît pas intéressante à ceux qui sont très fortement attirés par la vie matérielle, éphémère.  Pour suivre une discipline spirituelle, il faut posséder une forte aspiration pour la vie intérieure.  Même en ayant cette bonne disposition, on doit encore savoir qu'il ne sera pas facile de continuer notre recherche, à cause des difficultés à surmonter et des obstacles à franchir.  Très peu de personnes réussissent dans leurs efforts.  La croyance seule ne suffit pas.  Il faut arriver à la Réalisation :  TOUT EST BRAHMAN.

 

On peut comprendre et imaginer que la spiritualité hindoue s'appuie sur la métaphysique, mais en vérité, dans l'Hindouisme on ne sépare pas la religion de la métaphysique.  L'influence de la métaphysique pénètre profondément les conceptions religieuses.  C'est un ensemble inséparable.

 

En Inde, Dieu – l'Absolu – est un idéal religieux.  Des prières Lui sont adressées.  Il est adoré.  Des cultes et des cérémonies sont célébrés en Son Nom.

 

Dieu dans l'Hindouisme est Ichvara.  Et Brahman est appelé Ichvara quand on pense à Lui à l'aide du mental et de la raison.  Les pratiques spirituelles de la vie ordinaire s'adressent à Ichvara qui nous aide.

 

Ichvara est le créateur, le protecteur et le destructeur de l'univers.  Sa puissance est appelée Chakti ; elle crée, protège et détruit.  Ichvara est invoqué avec humilité et vénération ; Il est adoré sous des noms différents et aussi sous les noms des Incarnations divines.  Par Sa grâce, Ichvara donne la Libération.  Et c'est ce que nous cherchons.  Ichvara est très proche de la nature humaine.

 

Les rites et les cultes hindous préparent l'esprit humain à franchir les limites de la nature phénoménale, c'est‑à‑dire de la vie ordinaire, pour aller au delà du visible et atteindre la Réalisation de l'Unité fondamentale.

 

Ici c'est le domaine de l'Indescriptible.  Nous pouvons seulement entendre les paroles de ceux qui ont réalisé et les accepter.

 

C'est par l'adoration de Ichvara que l'on arrive à une concentration intense.  Mais ce n'est pas la seule voie, elle n'est pas obligatoire, il y en a d'autres :  Il y a différents Yoga, comme autant de chemins conduisant à l'expérience spirituelle par laquelle l'homme arrive à transcender la nature phénoménale.

 

Quelle est la nature qu'il faut transcender ?  C'est la nature manifestée en des formes diverses dans l'univers entier qui nous est extérieur et aussi dans la nature humaine qui nous est intérieure.  La nature est la manifestation de Brahman, de la puissance et de l'énergie de Brahman.

 

Notre conscience, de la vie ordinaire, reste au niveau de la matière, de l'univers visible.  Ainsi nous demeurons dans l'ignorance de notre véritable nature divine ou spirituelle.  Nous n'avons qu'une vision très limitée.

 

Le Védanta dit :  En cette vie, notre but est la réalisation de Atman ou réalisation de Ichvara ou la Libération.  On ne peut faire de distinction entre la Libération, Atman, Ichvara.  On croit pouvoir en faire, mais on arrive toujours au même point qui est la nécessité de transcender la vie ordinaire, en se détachant des objets matériels dont le pouvoir ne peut nous donner la joie constante et l'amour véritable.

 

Les grands Maîtres ont conseillé de ne pas considérer les problèmes de la vie quotidienne du seul point de vue politique et social, mais de s'efforcer d'arriver à la vision spirituelle.

 

Si la vie ordinaire nous apporte du malheur, c'est parce qu'elle est l'oeuvre de notre nature inférieure.  À ce niveau‑là existent toujours les conflits d'intérêt.  Alors nous attribuons une importance exagérée aux trois aspects de l'être humain :  physique, vital et mental.  Ces trois aspects sont bons, en eux‑mêmes, ils constituent les trois éléments de notre bien‑être physique, tel que nous nous plaisons à l'imaginer.

 

Mais il arrive souvent qu'un déséquilibre se manifeste entre ces aspects de l'être humain.  Ce fut le sujet d'exposés éminents entendus à notre Centre récemment.  Un homme vivant sur le plan physique, vital et mental n'est jamais un être complet ; ce n'est pas un homme parfait.

 

Le grand Çri Aurobindo, il y a plus de cinquante ans, écrivait dans sa revue Arya (de 1914 à 1938) :

« L'expérience prouve que la société tend à périr, par suite de son propre développement.  C'est un signe certain de l'existence, dans son système, de quelque vice fondamental.  Son idée de l'homme et de sa méthode de développement ne correspond pas à la réalité de l'être humain, ni au but de sa vie, tel qu'il lui est imposé par cette réalité. »

 

À notre époque, on constate que le progrès, comme nous affirmons l'avoir réalisé, n'a pas apporté tout le bien espéré, qui aurait rendu notre vie plus satisfaisante.  Le confort matériel ne suffit plus à notre bien‑être.  Tant que cela n'est pas compris nous n'avons pas même l'idée de commencer une recherche spirituelle et continuons à poursuivre des chimères.

 

Les livres sacrés de l'Inde enseignent la nécessité de la vie intérieure et de la recherche spirituelle.  Même en possédant toutes les richesses désirables, en ayant la possibilité de nous en réjouir, en ayant une bonne santé, et tout ce que nous pouvons désirer, la vraie question qui se pose est celle‑ci :  Qu'y a‑t‑il après tout cela ?  Ce qui est certain, c'est de passer par la décrépitude, la maladie et la mort.

 

Un sage voit le vide et la déception résultant de la vie ordinaire.  Quelle est donc la solution de ce problème ?

Les Richi de l'Inde voient en nous‑même, notre véritable nature immortelle, divine.  Après l'avoir réalisée, nous sommes unis à Atman, avec la Conscience universelle du Suprême, en abandonnant le plan physique, vital et mental.  Celui qui a réalisé Atman comprend comment il doit vivre en ce monde et hors de ce monde.  En vérité, son moi n'est plus égoïste, il est devenu l'instrument du Suprême, manifestant les qualités qui étaient latentes en lui.  Cet être‑là est calme et équilibré, il dépassera le domaine des sens et montrera une perfection non manifestée auparavant.

 

Les Oupanichad affirment que la réalisation de Atman transforme notre vie ; un changement se produit ; il n'est pas possible de comparer cette vie nouvelle à notre vie ordinaire actuelle.

 

La béatitude, le bonheur et la paix ne sont pas des mots vides de sens ; ils expriment l'état d'un homme parvenu à l'expérience spirituelle, découverte faite en lui‑même, réalisant qu'il est descendu d'un état plus élevé et d'une condition plus haute ; nous devons retrouver cet état plus élevé.

 

Cette idée a été exprimée par les prophètes, par le Bouddha et le Seigneur Jésus.  Dans la Bible, il est conseillé de renoncer au monde. Pourquoi ?  Le monde est rempli d'imperfections, il n'est qu'une caricature affreuse, mais il nous fait comprendre que l'éphémère est un objet ne donnant naissance qu'à une ombre.  En découvrant le but véritable de notre vie, nous ne voulons plus courir après une ombre.

 

Alors comment savoir tout de suite si nous aurons la réalisation de l'Unité et quand sera réalisée la fusion de notre conscience avec le Suprême ?  Qu'arrivera‑t‑il après cela ?  La seule réponse est celle‑ci :

 

Si un homme a manifesté une fois un amour sans pareil, c'est à cause de sa réalisation spirituelle.

Si un homme a une fois remué le monde, c'est à cause de son expérience spirituelle.

Si un saint n'a eu aucun mépris pour le plus grand des pécheurs et lui a exprimé de l'amour, c'est que ce saint a vu l'Unité suprême.

 

La présence d'un tel Maître change le monde, à tel point que même les méchants deviennent bons.

 

L'être humain qui cherche à avoir une expérience spirituelle, ne pense peut‑être pas devenir lui‑même un prophète ou un saint ; il cherche seulement à se défaire de ses défauts et à comprendre quelle est sa nature véritable.

 

Il y a encore deux questions à préciser :

1 – Quel est le moyen d'arriver à cet état béni ?

2 – À notre époque, y a‑t‑il ‑quelqu'un d'autre que le Bouddha et le Seigneur Jésus pour nous donner la certitude de réaliser cet état ?

 

Il y a plusieurs moyens, plusieurs yoga, différents dans leurs pratiques, mais dont le but est le même.  Le renoncement à la vie ordinaire est une partie de la discipline spirituelle.  Il faut comprendre que nos attachements aux objets matériels entravent notre progrès et même l'empêchent.  Le mental doit être purifié, c'est-à-dire dégagé de tout attachement, pour devenir capable d'une concentration aiguë.

 

C'est notre mental qui organise le monde autour de nous, qui fabrique nos relations sociales, qui crée nos différents sentiments et qui nous amène ainsi des expériences du bien et du mal.  Donc la maîtrise du mental est une condition fondamentale.  Tous les yogas l'enseignent. Il faut maîtriser le corps, les sens et les pensées.

 

Quand notre mental est relié à la vie ordinaire, nous sommes uniquement conscients de cette vie ordinaire sans aucune autre connaissance.  La discipline spirituelle apprend à devenir un yogi, en arrêtant volontairement toute relation avec le monde extérieur, avec toute idée que nous avions de nous‑même.  Tout d'abord une force de résistance pourra s'y opposer, car le corps, les sens et le mental n'acceptent pas tout de suite d'être domptés.  Le mental est ce qu'il y a de plus difficile à maîtriser, mais en suivant la discipline de la méditation bien choisie et bien dirigée, on arrive à retirer l'attention du mental des objets extérieurs et à le concentrer sur un seul point. On apprend aussi à considérer ses propres pensées comme un spectacle.  Quand le mental n'est plus encouragé à voir le mouvement, il se calme ; alors il ne voit plus les images mentales, il n'a plus l'idée de « je, mien ».

 

Le dévot voit Dieu seul, et le yogi, selon le Védanta, sent la non‑existence de son ego.  Cette discipline demande une pratique assez longue, elle doit être guidée par un Maître compétent, c'est lui qui dirige son disciple.  La Kata‑Oupanichad dit que cette voie est très difficile et tranchante comme la lame d'un rasoir ; on peut s'y égarer facilement en se laissant prendre par des expériences psychiques ; c'est pourquoi le contrôle exercé par un Maître qualifié est nécessaire.

 

Un homme déséquilibré, plein d'orgueil et attaché au monde, ne peut pas arriver à la réalisation.  Il faut un esprit rempli d'humilité pour accepter les conseils d'un Maître et avoir la volonté de purifier son mental.  Très rarement, nous sommes conscients de nos propres défauts.  Il faut vouloir les trouver et s'en corriger.  Alors la purification du mental amène un changement important qui nous fait modifier notre mode de pensée.

 

C'est en suivant les conseils d'un Gourou et les disciplines du Yoga que tout cela est possible.  Alors on cherche le Seigneur suprême avec tout son amour.

 

C'est en pratiquant la maîtrise de soi et en s'exerçant à la concentration que se découvre notre véritable « Moi ».  Un jour, nous parviendrons à la Réalité suprême, nous saurons que le Suprême, Lui seul, dirige le monde entier.

 

Maintenant on peut se demander s'il y a aujourd'hui encore en Inde des hommes qui suivent la voie spirituelle avec une grande aspiration à la Réalisation, malgré tous les défauts visibles et la misère témoignant de problèmes politiques et sociaux urgents ?

 

Les Hindous ont‑ils constaté que la spiritualité ne semble pas les avoir aidés à résoudre ces problèmes ?  Cette question peut sembler naturelle, mais en Inde les Maîtres anciens et modernes ne considèrent pas ces problèmes du même point de vue.

 

En Inde, la vie spirituelle est tout aussi vivante aujourd'hui comme par le passé.  L'attitude spirituelle des Hindous n'a pas changé.  Ils pratiquent toujours les disciplines du Yoga avec la même ferveur et ils considèrent que les questions actuelles, sur la condition sociale, ne peuvent être résolues par la lutte politique ou le conflit, mais seulement par la spiritualité.  Cette idée n'est pas nouvelle en Inde.  Les grands prophètes ont toujours conseillé de suivre cette même méthode.

 

À notre époque, nous connaissons les Maîtres qui inspirent le peuple de l'Inde ; leur influence est grande.  À la fin du dix‑neuvième siècle, ce fut Çri Râmakrichna et Swâmi Vivekânanda ; au début du vingtième siècle, Çri Aurobindo et Çri Ramana Maharshi.  Tous n'ont pas suivi la même voie et n'ont pas enseigné le même chemin, mais leur rayonnement provenait de leur discipline spirituelle et de leurs efforts favorables à la vie sociale.

 

La Mission Râmakrichna a été organisée avec succès par Swâmi Vivekânanda qui a donné des conférences et a expliqué à ses frères comment le service social est un moyen d'atteindre à la réalisation du Suprême.  Ainsi s'est développée l'activité sociale de la Mission. C'est un Karma‑Yoga, mis en pratique, dans lequel l'amélioration de l'état social du pays devient une approche de la voie spirituelle.

 

Rappelons ici comment Gandhi a utilisé, lui aussi, la discipline spirituelle de la non‑violence pour arriver à l'unification de l'Inde entière et même à son indépendance.

 

Çri Râmakrichna a enseigné, très simplement et avec beaucoup de clarté, comment la vie spirituelle et la pratique des différents Yoga aidaient à la réalisation du Divin, réalisation toujours possible pour chacun de nous.  L'inspiration de Çri Râmakrichna et l'impulsion donnée par Swâmi Vivekânanda sont puissantes en Inde.  Des centres Râmakrichna se sont formés en associant la discipline spirituelle aux services sociaux.  À notre époque, c'est là une pratique du Karma‑Yoga entièrement conforme aux Écritures sacrées de l'Inde.

 

Çri Râmakrichna a enseigné aussi le chemin de la dévotion – Bhakti‑Yoga – convenant à la plupart des hommes et indiquant une voie plus universelle.

 

L'expérience de Gandhi a montré combien les Hindous sont accessibles et touchés par les prières et les chants.  Son action a été suivie par des milliers et milliers de personnes assemblées, auxquelles Gandhi s'adressait et donnait des conseils politiques et sociaux.

 

Çri Râmakrichna, comme beaucoup d'autres saints avant lui, a affirmé que le Seigneur entend nos prières.  Il a dit que le but de notre vie est de réaliser Dieu.  Il a redit que Dieu est adoré sous des formes différentes, avec des noms différents, selon le langage de chaque religion.

 

Un autre Maître spirituel, qui a eu une grande influence dans le domaine de l'éducation, est Çri Aurobindo.  Il a vécu tout à fait isolé mais a gardé le contact avec la société par sa correspondance et ses écrits, laissant de nombreuses lettres et les textes sur le Yoga Intégral. C'est la voie qu'il a découverte pour amener en l'homme une transformation complète ; il croyait à la présence de Dieu en nous et en était même absolument convaincu ; il disait qu'en nous purifiant et nous débarrassant de tous nos défauts, le Suprême nous prenait pour exécuter son oeuvre.  Il insistait sur la nécessité de s'abandonner totalement à Dieu, comme toutes les religions l'enseignent.  Çri Aurobindo a, en Inde et hors de l'Inde, des admirateurs qui voient en lui un grand yogi, un Maître exceptionnel sachant nous convaincre de la présence de Dieu en chacun de nous ; il enseignait comment arriver à la Réalisation.  Ceux qui ont lu son livre « La vie divine » peuvent aisément comprendre sa philosophie pleine d'espoir.  Çri Aurobindo considère qu'un jour viendra où une plus grande importance sera reconnue à l'Esprit.  Les raisons pour lesquelles nous avons organisé notre vie intérieure et extérieure nous paraissent actuellement majeures mais nous reconnaîtrons la force beaucoup plus grande de l'Esprit.

 

Çri Aurobindo a quitté son corps, mais son Ashram continue à très bien fonctionner, animé d'une nouvelle force, aidé par la « Mère ». De nombreux amis ont trouvé dans son enseignement un message universel.

 

Et de même pour Çri Ramana Maharshi, grand sage ayant ceci de commun avec Çri Râmakrichna qu'il n'a jamais quitté son pays natal et n'a pas fait d'études universitaires.  Très jeune, attiré par la spiritualité, il lui a consacré toute sa vie.

 

Çri Râmakrichna a toujours suivi la voie de l'adoration du Seigneur, tandis que Çri Ramana Maharshi a été directement pris par le Seigneur qui l'a plongé pendant des années dans une méditation très profonde.  Puis s'est manifestée en lui une transformation spirituelle grande, sans qu'il ait eu la nécessité de suivre un guide particulier et sans effort de sa part.  Ce fut une révélation et une transformation uniques !

 

Quand Çri Ramana Maharshi commença à donner des conseils à ceux qui venaient auprès de lui, il leur enseigna la voie caractéristique du Védanta, c'est‑à‑dire la connaissance du Moi.  Il a expliqué nettement et avec logique la méthode à suivre pour y parvenir.  C'est un fait exceptionnel.  En lisant Ramana Maharshi, on peut facilement comprendre la voie de la découverte du Moi.  C'est ainsi que tous ceux qui cherchent la réalisation spirituelle sans avoir recours aux religions trouvent en Çri Ramana Maharshi un Maître unique, inégalé.  Son enseignement s'appuie au départ sur la raison ; tout le monde peut le suivre et le mettre en pratique.  Il est ainsi étudié, compris et aimé des philosophes du monde entier.

 

Pour être plus complet, il faudrait citer d'autres noms :  Swâmi Ramdas, Krichna Murti, d'autres chercheurs.  L'essentiel n'est pas de rassembler des noms mais de réaliser le Suprême !