RAMAKRISHNA

 

Jésus selon la conception hindoue

 

Swami Ritajanananda

 

J'ai parlé ici à plusieurs reprises sur différents sujets.  J'ai fait des études sur la mythologie, sur la philosophie, l'histoire et parfois la psychologie.  Vous vous êtes peut‑être demandé ce que je représente.  Suis-je un missionnaire pour prêcher l'hindouisme ?  Quel est mon rôle ?  Est‑ce que je viens ici pour vous convertir à l'hindouisme ?  Vous avez pu vous poser ces questions.  Quelle est la relation qui existe entre nous ?  Je viens de l'Inde avec une religion tout à fait différente de la vôtre.  Que pensent les Hindous de la religion que vous pratiquez sous différentes formes dont le Christianisme et le Judaïsme.  Nous parlons des religions uniquement révélées à Abraham, soit le Judaïsme, le Christianisme et l'Islamisme.

 

La religion hindoue appartient à une catégorie tout à fait différente.  En Occident, les amis qui sont intéressés par l'Inde sont pour la plupart particulièrement attirés par le Yoga.  Pour eux, étudier la religion hindoue semble contraire à la pratique de leur vie religieuse, parce qu'ils veulent rester fidèles à leur religion et ne désirent pas en changer.

 

Il est donc préférable de ne pas parler de la religion hindoue.  Évitons donc de ne faire aucune allusion qui peut avoir une relation avec le mot Religion.  Si nous parlons de Yoga, je sais que nous sommes toujours les bienvenus, Récemment, j'ai été en Italie.  Vous savez que c'est un pays très catholique.  J'étais là attiré par Florence où j'ai passé une semaine.  Immédiatement j'ai été invité par une société de Yoga.  Le premier jour, on m'a demandé de faire une méditation.  Le deuxième jour, on m’a demandé de parler de Patanjali.  C'est aussi un sujet de Yoga.  Le même soir, on m'a demandé de parler sur la Bhagavad Gîtâ.  La Gîtâ est considérée comme un livre sacré appartenant à la religion hindoue.  Les amis italiens ont cependant été très intéressés par mon exposé.

 

Naturellement, la plupart des gens estiment que leur religion est la meilleure.  Ils restent indifférents aux autres religions.  Souvent, ils ne manifestent aucune curiosité et de ce fait, ont une ignorance des autres religions.

 

La religion hindoue est très ancienne et nous ne connaissons pas le fondateur de cette religion.  Elle est basée sur des expériences spirituelles.  Même encore aujourd'hui, le but des Hindous est de chercher une expérience spirituelle.  Voilà où la pensée du Yoga et la religion sont mélangées.  Si vous pouvez avoir une expérience spirituelle qui transformera votre vie, alors vous deviendrez un Hindou.  Avec cet idéal devant eux, les Hindous restent ouverts à toutes les religions et sont heureux de les comprendre, même si elles sont différentes, parce que chaque religion peut apporter quelque bien à l'humanité.

 

Depuis deux mille ans, le Seigneur Jésus est bien connu.  Son influence se manifeste partout dans le monde, en Occident et on Orient.  Lorsque nous étions petits, dans nos écoles, on nous a appris les paroles du Seigneur Jésus.  Je vous parle de ma vie, pour vous faire comprendre comment un garçon hindou peut être intéressé par la vie et l'enseignement du Seigneur Jésus.

 

Aujourd'hui, je voudrais commencer cette étude en citant une anecdote de la vie de Çri Ramakrishna.  Un jour, un ami lui amena un missionnaire chrétien.  Beaucoup d'entre vous ne connaissent pas encore la vie de Çri Ramakrishna.  C'était un prêtre.  Pas comme les prêtres qui existent ici actuellement.  Il n'avait pas de grande formation pour parler de sujets différents.  Il faisait le culte dans le temple.  C'est tout.  Il était considéré comme un homme illettré.  Cependant, Il était arrivé à une connaissance spirituellement très élevée et de ce fait a influencé la vie de nombreuses personnes.  Même aujourd'hui, il y a des millions de personnes dans le monde qui trouvent dans les paroles de Çri Ramakrishna un grand réconfort pour leur vie.

 

Lorsque Çri Ramakrishna a rencontré ce missionnaire, il lui a dit :

« Je salue le Seigneur Jésus avec tout mon respect ».  Ce missionnaire était surpris.  « Pourquoi saluez-vous le Seigneur Jésus ?  Vous êtes un Hindou ».  Çri Ramakrishna répondit :  « C'est vrai, mais je le considère comme une incarnation divine.  Dans nos écritures sacrées, nous sommes instruits qu'il y a la manifestation de Dieu sur la terre plusieurs fois.  Comme nous avons appris à adorer Rama – Krishna – Bouddha, nous avons appris à adorer Jésus comme une incarnation divine ».  Le missionnaire lui dit :  « Comment pouvez‑vous imaginer cette idée ? » Çri Ramakrishna lui répondit :  « Prenez l'océan.  Dans le Nord, avec le froid, l'eau se condense et gèle, formant des blocs de glaces.  L'océan est considéré comme le Seigneur suprême.  Et les glaces les incarnations divines.  Une fois, il y a eu Rama – une autre fois il y a eu Krishna, une autre fois Jésus ».  C’était son explication.

 

En Inde, on accepte les incarnations divines innombrables.  Dieu peut prendre un corps et rester parmi nous lorsque c'est nécessaire.

 

Naturellement, vous pouvez poser la questions :  « Alors, Il sera comme tout le monde, lorsqu'Il viendra parmi nous ?  Comment pourrons‑nous Le reconnaître ?  Il possèdera quelques marques par lesquelles nous pourrons Le distinguer, par Ses qualités qui seront très différentes des autres hommes.  Tout d'abord, par l'enseignement et les paroles qu'Il laissera et resteront sur la terre pour longtemps.  Particulièrement, Il attirera les gens par Sa spiritualité.

 

Je dis toujours qu’il faut faire une distinction entre la spiritualité et la religion.  La religion représente la forme extérieure.  La spiritualité est individuelle et personnelle.  Nous pouvons chercher chacun individuellement la spiritualité.  Nous pouvons utiliser n'importe quel enseignement que nous recevrons de n’importe quel grand prophète, et toutes ces études nous apporteront quelque chose pour notre transformation spirituelle.

 

Chacun possède sa nature propre.  Nous avons chacun un tempérament différent.  Nous n'avons pas la même façon de concevoir les choses.  Les uns sont attirés, les autres restent indifférents.  Souvent, en parlant avec des amis, certains me disent :  « Oh ! ne me partez pas avec des images.  Je ne puis méditer sur une forme.  Cela ne me convient pas ».  D'autres disent :  « Je ne suis pas dévotionnel.  Je n'aime pas l'émotion.  Je préfère l'action.  Donnez‑moi quelque chose pour agir, pour travailler.  Si je peux convertir l'action en religion, cela me plait ».  D'autres encore disent :  « Je suis un intellectuel.  Je préfère les discussions, l'analyse pour trouver la vérité dans tout ce que je vois. »

 

Et ainsi, il y a plusieurs variétés de natures ayant des formations différentes.  Çri Ramakrishna enseignait que nous ne pouvons pas conseiller le même chemin à tout le monde.  Laissez les gens choisir eux‑mêmes suivant leur nature.  Donnez‑leur les éléments nécessaires.  Parlant ici dans les locaux de la Société Théosophique, je peux dire que c'est une Société qui a toujours tout fait pour donner ce qui était possible concernant l'enseignement des grands Maîtres.  Vous pouvez donc choisir.  Mais ce n’est pas suffisant.  Il y a la pratique.  La pratique aussi est différente.  Chaque religion possède un culte particulier.  Mais le culte non plus n'est pas suffisant.  Il faut qu'il y ait quelque chose qui vienne de vous‑même, par laquelle vous réagissez à cette pratique.

 

Autre chose.  Toutes les religions parlent de la révélation.  Il n'y a pas une religion qui n'ait été révélée.  Dieu a parlé aux prophètes.  C’est ainsi que Mahomet a reçu le Coran.  Ce n’était pas sa composition.  C'était la révélation de Dieu.  L'Évangile et la Bible que vous lisez sont des révélations.  Dans les Écritures hindoues, les Védas sont des révélations du Seigneur.  Ici, je dois faire une distinction.  En Inde, les incarnations ne sont pas terminées.  Il y en a eu précédemment.  Il peut en venir encore dans l'avenir.  Chaque fois que la nécessité se fait sentir dans la société humaine, qu'un guide est nécessaire, Dieu vient.

 

Une question se pose de nouveau.  Suivant la tradition qui s'est fortement ancrée en Inde, qui considère Dieu comme l'Absolu, infini, indescriptible, se trouvant en dehors de notre compréhension, Dieu peut-il venir comme un être humain, avec tous ses défauts ?  D'un côté, on parle de Dieu comme étant absolu, de l'autre côté comme un être fini, limité.  Il y a une religion qui n'accepte pas du tout cette interprétation et par conséquent les incarnations divines, parce que cela semble illogique.

 

Ici se place de nouveau l'explication donnée par Çri Ramakrishna.  Il dit :  « L’océan est infini, dans lequel il y a parfois formation de glaces ».  Et ainsi Dieu quoiqu'Il soit infini, peut venir prendre la forme humaine.  Malgré cela Il garde toujours sa nature divine.  Il reste toujours le même, mais pour nous, Il est comme un homme.  En Lui il y a cette conscience divine.  Comme le Seigneur Jésus disait :  « Je suis un homme qui représente le Seigneur ».  Cette conscience d'être toujours avec Dieu se trouve dans toutes les incarnations divines.  Ils viennent ici-bas travailler pour le Seigneur et nous aider.

 

C'est l'explication comment l'Infini, l'Absolu peut se manifester dans le corps.  Nous ne considérons pas ce corps, avec toutes ses limitations, comme l'Incarnation divines, mais ce qui est présent dans ce corps.  Naturellement, tant que l'Incarnation divine se trouve avec nous, dans ce corps, Il doit manger, Il doit parler.  Il vivra comme nous tous, mais dans SA vie intérieure, dans SA conscience, c'est un homme très différent.

 

Dans les Évangiles, malgré que nous n'ayons pas une biographie tout à fait exacte, authentique, lorsque nous lisons la vie du Seigneur Jésus, c'est très, très clair.  Il est toujours conscient de SA véritable nature. Comment fait‑Il ?  L’étude que je vous présente a pour bout de vous expliquer comment les Hindous considèrent Jésus.  Ils considèrent Jésus comme la représentation du Seigneur, à cause du message qu'Il a apporté.  Il existait depuis longtemps une religion bien connue et pratiquée.  Mais vous savez que toutes les religions ne sont pas toujours acceptées par tout le monde.  Quand nous regardons notre époque actuelle, avec la conception de la pensée des jeunes gens, nous voyons les difficultés.  Il y a tellement de choses que les jeunes gens n’acceptent plus.  Cela n'existe pas seulement présentement.  Cette sorte de révolution a existé à plusieurs reprises contre la religion connue.  À ce moment‑là, nous voyons que l'humanité a besoin d'un homme qui peut nous convaincre de ce qu'est la spiritualité, quel est le but de notre vie, quel est le moyen pour avoir le plus grand bonheur.  Je dis bonheur parce que toute notre vie est orientée vers cela.  Nous ne cherchons pas autre chose.

 

Quel est le plus grand bonheur, le bonheur éternel que je voudrais avoir dans ma vie ?  Je ne parlerai pas religion.  Je dirai seulement les paroles prononcées par le Seigneur Jésus parce que c'est le plus important.  Il a dit à plusieurs reprises :  « Cherchez d'abord le Royaume des Cieux, le reste vous sera donné par surcroît ».  Ce qui est dommage, c'est que nous n’y croyons pas beaucoup, parce que nous pensons que nous ne pouvons pas mettre ces paroles en pratique.

 

Avant hier, j'ai lu quelques passages d'une conférence faite par Swami Vivekananda aux Etats‑Unis, qui étaient très intéressants.  Il dit notamment :  « Vous êtes très pratiques.  Vous réussissez avec un grand succès tout ce que vous faites.  Mais aussitôt que nous énonçons les paroles du Seigneur Jésus, vous répondez que c'est impossible à pratiquer parce que cela demande que vous abandonniez beaucoup de choses vers lesquelles vous êtes attirés ».

 

Pour les Hindous qui sont habitués à entendre ou à lire les paroles enseignées dans les Oupanishads et d'autres livres, les paraboles du Seigneur Jésus répondent à ce qu'ils connaissent depuis toujours, puisqu’elles ont été enseignées depuis des siècles.  Donc, ils voient dans les paroles du Seigneur Jésus le même enseignement qu’ils ont eux-mêmes reçus :  « Si vous cherchez le Royaume des cieux, le reste vous sera donné par surcroît ».

 

Mais notre esprit devient de plus en plus matérialiste.  Nous cherchons uniquement l'argent, les honneurs, etc., sur la terre et nous ne pouvons pas comprendre.  Qu'arrive‑t‑il ?  Il y a peut‑être 50 % de personnes – ce qui est beaucoup – qui sont riches, qui peuvent avoir tout ce qu'elles veulent. .  Mais il y a les autres qui sont pauvres, qui doivent lutter constamment essayant de trouver le bonheur dans les choses matérielles.  Elles ne trouvent pas.  Pour ces dernières, il n'y a pas de bonheur ; il n’y a que du malheur.  Il y a aussi la santé.  Nous voudrions toujours être en bonne santé et nous ne l’avons pas toujours.  Alors nous ne sommes pas heureux.

 

À cause de ces différentes choses, nous finirons bien par découvrir que le bonheur ne se trouve pas ici-bas.  C’est le conseil du Seigneur Jésus.

 

Si vous pouviez arriver à réaliser Dieu, alors vous recevriez tout ce dont vous avez besoin.  Il a dit :  « Ne cherchez pas la nourriture ni le vêtement.  Celui qui vous a envoyé dans le monde, vous donnera tout ».  Il n’est pas facile de croire cela.  Cependant il y a des gens qui ont cru et trouvé.  Naturellement, ils ne sont pas nombreux.  Pourquoi y en a-t-il si peu ?  Nous pouvons trouver la réponse dans les paroles du Seigneur Jésus même.  C’est parce qu’ils n’ont pas la foi ; s'ils avaient la foi, ils trouveraient.  Si vous avez la foi, vous réussirez dans tout ce que vous faites.

 

Je vous explique tout cela pour vous indiquer que les paroles du Seigneur Jésus sont très pratiques.  Seulement, nous manquons de croyance.  Nous manquons de la vraie foi pour mettre cela en pratique.  Les grands saints chrétiens ont mis tout cela en pratique, ont trouvé.  Beaucoup de livres racontent leur expérience et nous expliquent comment ils ont été influencés par les paroles du Seigneur Jésus.

 

Les Hindous n’acceptent pas une religion uniquement chrétienne.  Pour eux, la religion est Dharma, c’est‑à-dire la voie, celle que vous choisirez.  Tous les enseignements que vous trouverez dans les paroles des grands Maîtres peuvent être utilisés.  Suivant votre nature, vous avez besoin pour comprendre votre religion, de certaines paroles et enseignements des grands Maîtres.

 

Le premier conseil donné par le Seigneur Jésus est :  « Cherchez le Royaume des Cieux, le reste vous sera donné par surcroît ».  Cela est-il possible ?  OUI !  Tout se trouve en vous, pas en dehors de vous.  Il y a ici peut‑être 50 à 80 personnes.  Mais si chacune essayait de décrire ce qu’elle voudrait, elle s’exprimerait d’une manière différente, parce que son idéal est différent.  Il devient donc très clair que c'est la pensée qui conditionne notre comportement.  Si le bonheur dépend de la pensée, si cette pensée est dirigée vers cet idéal, alors le bonheur s’ensuivra.  C'est la logique des Oupanichads.

 

Les Oupanichads nous enseignent qu’aussitôt que nous pouvons reconnaître quel est le véritable SOI qui existe en tous les êtres, c'est‑à-dire, suivant les paroles du Seigneur Jésus :  « Le Royaume des Cieux est au dedans de vous », si nous pouvons trouver ce Royaume qui est en nous, certainement nous trouverons quelque chose de plus grand que ce que nous trouvons généralement dans le monde.

 

Qu’est‑ce‑que cela veut dire ?  Çri Ramakrishna a donné unie explication sur le comportement d'un grand saint ou un être qui a trouvé la Vérité.  Il dit qu'il est plein de puissance, il a beaucoup d’amour et possède une joie qui ne peut être comparée à rien dans le monde.

 

Je voudrais répéter :  il aura la puissance comparable à celle du Seigneur Jésus et celle des grands saints qui ont été bénis dans leur méditation sur l’énergie.  Et ainsi, nous voyons leur puissance dans le monde à cause de leur vie spirituelle, leur amour pour tout le monde et leur sagesse.

 

Si donc vous cherchez la spiritualité, vous trouverez la joie, la sagesse et la puissance, et un grand changement s’opérera en vous.  Ce changement apportera une grande transformation – c’est le meilleur terme – le bonheur sera toujours avec vous et ne dépendra plus des choses extérieures.

 

Je voudrais faire un petit intermède et vous raconter une petite anecdote.

Il y a quelques jours, une dame est venue me voir.  Elle était amenée par un monsieur qui pensait pouvoir lui faire quelque bien parce qu'elle prenait de la drogue.  Je ne sais quelle opinion elle avait de moi.  Elle me dit :  « Swami, je prends de la drogue.  Pouvez‑vous faire quelque chose pour moi ? » Elle expliqua :  « Je trouve cela bon.  Cela me donne un état euphorique.  Lorsque je suis tendue et que j’en prends, je me sens bien, je me sens heureuse ».  Je lui répondis :  « Naturellement, si vous vous sentez heureuse et que vous éprouvez une sorte de joie, c'est bien ».  Elle ajouta :  « N'imaginez pas que c'est une habitude.  Ce n'est pas comme les personnes qui prennent de l’opium et qui doivent en prendre tous les jours ».  J'ai répondu :  « C’est bien.  Mais personnellement, je pense que je n’ai pas besoin de cela pour trouver la joie.  Je voudrais cependant vous poser une question.  Pour trouver la joie, vous avez besoin d'aller dans une pharmacie chercher de la drogue.  Mais si je peux trouver en moi‑même un moyen par lequel je peux trouver cette joie, ne pensez‑vous pas que ce serait mieux ?  C'est mieux de ne pas dépendre d’un moyen extérieur.  Ce que vous trouvez par un moyen extérieur, la drogue, je peux le trouver par la vie spirituelle.  C’est extraordinaire.  C’est grand ».  Elle a écouté et n'avait jamais entendu qu'il pouvait y avoir de la joie sans la drogue.

 

Plus qu’autrefois, à cause des difficultés de la vie actuelle, beaucoup de personnes cherchent, mais elles ont besoin d’une direction.  Cette direction, vous l’avez déjà.  Par l'enseignement du Seigneur Jésus :  « Cherchez d'abord le Royaume des Cieux, le reste vous sera donné par surcroît ».  Mettez ces paroles en pratique.  Est‑ce possible ?  Vous avez l'adoration du Seigneur.  Depuis 2 000 ans, vous avez la grande église où cette adoration est pratiquée.  Mais combien de personnes veulent en faire l’expérience tout comme on étudie la science.  Il y a l’enseignement et on peut en faire l’expérience dans sa propre vie.

 

Par l’étude du Védanta, par l’enseignement des Oupanishads, les Hindous étaient bien préparés pour recevoir et comprendre les paroles du Seigneur Jésus qui étaient semblables à tout ce qu'ils avaient déjà appris.  Leur conviction s’est faite que le Seigneur Jésus n'était pas un homme ordinaire, mais une incarnation divine qui a apporté le même message que les grands Maîtres qui l'avaient précédé.  C'est pourquoi, ils considèrent le Seigneur Jésus comme une incarnation divine.

 

Dans tout ce qu'Il a entrepris, il y avait une force extraordinaire.  Quand Il disait à quelqu'un :  « Suivez‑Moi » immédiatement ce futur disciple quittait tout pour LE suivre.  On dit :   « Dieu est comme un aimant ».  Il tire tout vers Lui.  Naturellement, si Dieu est présent dans un être humain semblable à LUI, cette force de Dieu est présente dans celui‑ci.  Quand Il vit parmi nous, sa présence influence tout ce qui l'entoure.  Tous sont attirés vers Lui.  Donc, chaque fois que le Seigneur Jésus parlait, les gens qui entendaient Ses paroles dites d'une manière si simple, dans un langage compréhensible pour tous, étaient attirés.  C'est un grand mérite.  Moi qui vous parle, je dois lire des livres et préparer les conférences.  Mais le Seigneur Jésus était toute spontanéité.  Il parlait directement et tous ceux qui L’entendaient étaient impressionnés par Son message et par la force qui émanait de Lui.  Dieu donne aux Maîtres qui sont envoyés sur la terre pour nous parler, la force nécessaire.  Et encore aujourd'hui, nous pouvons dire que le message qu’Il nous a donné est toujours vivant, direct.  Ils n’ont pas besoin de faire de grands commentaires.  Même sans commentaire, vous trouverez les instructions nécessaires pour votre vie spirituelle.  Il n’a pas organisé l'église.  L’église a été établie plus tard.  Il y a eu des divisions continuelles, même aujourd'hui.  Il n'avait pas cette idée.  Il est simplement venu pour nous montrer le chemin.  Quel chemin a‑t‑Il enseigné ?

 

Peut‑être avez‑vous entendu parler de la Bhagavad Gîtâ ?  La Bhagavad Gîtâ est un livre sacré pour les Hindous.  Le livre expose l’enseignement de Çri Krishna, que les Hindous adorent comme une Incarnation divine.  Dans la Bhagavad Gîtâ, constamment Çri Krishna dit :  « Adorez‑moi.  Faites le travail pour Moi.  Méditez sur Moi.  Je vous protègerai.  Vous n'aurez pas de souci.  Je vous prendrai dans mes bras pour vous aider ».

 

Avec ces idées, lorsque nous entendons les paroles du Seigneur Jésus :  « Je suis le chemin.  Prenez‑Moi comme votre guide » pourquoi a-t-il ces paroles ?  Comment les Hindous peuvent‑ils l’accepter ?  Le Seigneur Jésus n'est pas venu en Inde.  Il est venu dans une autre contrée.  Il ne connaissait pas du tout les enseignements donnés par Çri Krishna dans la Bhagavad Gîtâ.  Mais Il a impressionné beaucoup de gens par tout ce qu'Il a fait.  Donc, quand Il a dit :  « Prenez‑Moi comme votre chemin », c’est très facile.  En général, il est difficile de méditer sur une chose abstraite.  C'est impossible.  Peut‑être y a-t-il des gens qui sont doués pour ce genre de méditation.  Mais nous vivons dans le monde avec les expériences des sens.  Les cinq sens nous aident :  nous voyons – nous entendons – nous touchons – nous sentons – nous goûtons.  Toutes ces choses sont importantes dans notre vie.

 

Donc, pour méditer sur l’Absolu, Dieu infini, si je peux concentrer ma pensée sur quelque chose d’extérieur, si je peux imaginer une forme qui vit avec moi c'est plus complet.  Si ma méditation sur cette idée du Seigneur est parfaite, les choses matérielles s’évanouiront.  Impossible d’y penser, parce que à ce moment, il y a une personnification de la spiritualité.  Donc, Il a donné à tous une idée simple et directe qui est compréhensible pour la vie spirituelle.  Qu’est ce que la vie spirituelle ?  La vie spirituelle consiste en un dépassement du niveau ordinaire de l’esprit, du niveau mondain.  Il faut, par la pensée, se détacher de tout, parce que si on désire entrer dans les profondeurs pour comprendre sa véritable nature, il faut abandonner tout.  Impossible de continuer à vivre sur deux niveaux, le spirituel et le matériel.  Arriver au niveau spirituel n’est possible que par une méditation intense et une concentration parfaites de façon à ce que l'esprit quitte le monde extérieur et s’immerge dans la nature intérieure.

 

Qu’est-ce qui se trouve à l’intérieur de moi-même ?  N'imaginez pas que je parle du corps physique.  Aussitôt que le contact est coupé avec le monde extérieur, à l'intérieur de notre esprit il y a le silence dont ont parlé les grands saints.  C'est le silence intérieur.  Le monde n'existe plus.  Dieu parle.  Nous sommes en contact avec Dieu.  Et par ce contact, nous voyons le « Royaume des Cieux ».  Dans ce « Royaume », il n'existe plus de conflits, comme ceux que nous avons dans la vie ordinaire.

 

Nous avons fait ici une étude sur Maya.  Par cette étude, nous pouvons comprendre que nous entrons dans une région où tout cela n'existe plus.  Là, il y a toujours la paix et la joie.  Quand un homme atteint cet état, il revient vivre parmi nous une vie uniquement spiritualisée.  Cet homme vit comme nous dans le niveau matériel mondain, mais il est transformé par le contact avec Dieu.  La vie pour lui est devenue simple.  Il n’a plus de souci, plus d'angoisse.  Il ne connaît plus aucun problème comme ceux que nous rencontrons généralement.

 

Je peux dire que toutes les difficultés que nous rencontrons dans notre vie proviennent du fait que nous ne savons pas discipliner notre esprit.  Nous sommes trop influencés par les impressions extérieures, et nous possédons très peu de capacité pour nous identifier intérieurement.

 

Jamais, nous n'avons essayé.  Et pourtant, c’est tout ce que le Seigneur Jésus nous demande.  Nous ne sommes pas instruits.  Nous ne pratiquons pas.  Si j'accepte cette image et écoute ce conseil :  « Prenez‑Moi comme le chemin » « Essayez de Me suivre » c’est une expérience qui est accessible à tous.  Seulement le monde a une forte emprise sur nous, il nous garde en sa possession et de ce fait, très rarement nous pensons aux choses spirituelles.

 

À notre époque, avec tous les grands progrès faits par la science, les choses spirituelles sont plus nécessaires que jamais.  Le professeur Radakhrishnan a écrit quelque part :  « Nous pouvons voler comme des oiseaux, nous pouvons nager dans les profondeurs de l’océan comme les poissons, mais nous ne savons pas comment vivre comme un homme. »

 

Cela ne nous a pas été appris.  Nous pouvons faire toutes les choses extraordinaires, aller sur Lune et peut-être un jour jusqu’à Jupiter, mais nous ne savons pas résoudre les problèmes de la vie et de la famille.  Nous souffrons constamment.

 

« Cherchons d’abord le Royaume des Cieux et le reste vous sera donné par surcroît ».  C’est là l’enseignement de la vie spirituelle.  Vous aurez tout, même dans la vie ordinaire.  Dès que mon esprit est calme et paisible, il peut exécuter plus de travail que normalement.  Lorsque nous sommes à notre travail et que nous sommes agités, il est très difficile de bien accomplir celui‑ci.  Si nous pouvons rester calmes, nous pouvons résoudre tous les problèmes.

 

Dans la vie du Seigneur Jésus, nous voyons qu’il a eu beaucoup de difficultés pour transmettre son message, que sa vie a été une vie de souffrance, humainement parlant, quoique les Hindous n’acceptent pas cette idée.  Une incarnation divine ne peut pas être un homme de souffrances.  Mais Il nous a montré comment nous devons accepter la souffrance en gardant cette conscience :  « Je suis le fils de Dieu.  Je suis fait à l’image du Seigneur ».  Cette lumière doit rester présente en nous constamment.  C’est son enseignement.  Quand on souffre dans la vie, parce qu'il y a beaucoup de problèmes, il faut se dire que le grand Maître a souffert bien plus que nous.  Si vous gardez cette pensée, alors vous pouvez supporter.  L’Incarnation divine vient sur la terre pour nous enseigner comment Il peut supporter les problèmes différents.

 

C’est pour cela que la conception de l’incarnation divine est utile et acceptée, parce que dans cet homme se trouve une lumière plus grande que dans les autres hommes.  Il vient, Il vit avec nous.  Il rencontre toutes sortes de situations mais avec cette conscience :  « Je suis avec le Seigneur toujours », la vie devient plus facile à supporter.

 

En Inde, tout le monde accepte la pensée du Védanta, et avec cette idée les paroles du Seigneur Jésus représentent pour eux le même enseignement qu’ils trouvent dans les Écritures sacrées.  Nous n’avons pas besoin d’un seul Jésus, mais de plusieurs Jésus parmi nous parce que le monde nous tient toujours en esclavage.  Nous en avons besoin pour nous aider dans notre recherche spirituelle.  Aussitôt que nous pouvons nous établir de plus en plus dans les enseignements reçus, notre vie changera.

 

Je vais vous raconter une anecdote pour vous convaincre comment la pensée du Seigneur Jésus est bien connue par les Hindous et est bien acceptée.  Swami Vivekananda, un disciple de Çri Ramakrishna, était allé dans une ville où il avait parlé du Seigneur Jésus.  Ce qu’il a dit était très intéressant.  À la fin de la conférence, une dame lui a dit :  « Dans l’Évangile, il est dit que Marie-Madeleine avait lavé les pieds de Jésus avec ses larmes.  Vous ne pensez pas que c’est une chose ridicule ? » Swami Vivekananda a répondu :  « Oh ! madame, si j’avais été là, je ne les aurais pas lavés avec mes larmes mais avec le sang de mon cœur ».  C’est ainsi qu’il témoignait son admiration pour le Seigneur Jésus.

 

Dans les Évangiles, nous voyons que le Seigneur Jésus se présente plutôt comme un Oriental, par sa vie, ses paroles, très semblables à tout ce que nous avons entendu dire en Inde.  Les Hindous ne changeront pas leur religion, mais ils l’acceptent comme ils ont accepté le Bouddha.  Les Hindous ne sont pas tous bouddhistes, mais ils considèrent également le Bouddha comme une Incarnation divine.  C’est quelque chose qui est typiquement hindou.  Toutes les grandes âmes qui ont quelque chose de spirituel à transmettre sont considérées comme des incarnations divines, comme les prophètes.  De là leur grande tolérance.  Il n'est pas nécessaire pour eux de devenir un fidèle du Christianisme.

 

Je voudrais lire quelques lignes écrites par le Swami Vivekananda, par lesquelles il a terminé la conférence citée ci-dessus.  Il explique quelques idées :  « Lorsque l’homme n'a plus aucun amour propre de soi-même, aucune possession et plus rien qu’il puisse appeler mien, lorsqu’il s’est complètement donné, complètement détruit, alors dans cet homme réside Dieu lui‑même, car en lui, l’amour propre est anéantit, écrasé, détruit.  C’est l’homme idéal.  Il est vrai, dit encore le Swami, que cet état n’est pas facile à atteindre, mais nous pouvons nous efforcer d'y parvenir.  Nous pouvons aimer cet idéal et lentement, pas à pas, nous marcherons vers lui. »

 

Toutes les grandes âmes, tous les grands prophètes enseignent cela.  Effacer notre individualité, notre désir personnel, tout ce qui, en général, conditionne nos besoins, nous semble inconcevable, car comment imaginer notre manière de vive, pour qui travailler ?  Quelle valeur possèdera encore la vie ?  Cela semble une sorte de suicide.  Pourtant, impossible d'agir autrement.  Le Seigneur Jésus a dit :  « Vous devez mourir vous-même pour vivre une nouvelle vie ».  Votre vie actuelle et cette nouvelle vie ne peuvent coexister.  Par cette nouvelle vie, vous serez complètement transformés.  Votre vie extérieure ne sera pas changée mais intérieurement les réactions produites par les expériences du monde n'auront plus de prise sur vous.

 

Il n'y aura plus de distinction entre les hommes et les femmes, les garçons et les filles.  Tous seront semblables.  Ayant un nom et une forme et toutes les responsabilités qui nous incombent, que devons‑nous faire ?  Vous continuerez à vivre dans le monde tel que vous y êtes placés mais resterez toujours conscients que vous avez en vous la présence de Dieu.  C’est là votre véritable Moi.  Nous sommes envoyés clans le monde pour exécuter les vues de Dieu, pas les nôtres.  Je dis quelquefois :  « Nous sommes des petits condensateurs dans une grande machine, un avion, par exemple.  Nous sommes appelés à faire quelque chose dans ce grand appareil qu’est le cosmos, l’univers.  Qui est‑ce qui arrange cela ?  Dieu !  Nous devons être heureux de Le servir, toujours conscients de ce fait :  « Je vis pour Lui, non pour moi »

 

C'est l’enseignement du Seigneur Jésus tel que je l’ai compris, tel que j’adore Dieu, non pas par un changement de religion.  Mais je vous ai dit qu’il n’y avait qu'une seule spiritualité et dans cette spiritualité, je peux accepter toutes les grandes âmes.