RAMAKRISHNA

 

L'aspiration spirituelle
 

Swami Ritajanananda

 

Beaucoup de civilisations, à toutes les époques, ont reçu l'empreinte de différentes religions, lesquelles se traduisent le plus souvent par une croyance en un Dieu très puissant, omniprésent, qui écoute nos prières et nous procure tout ce que nous cherchons.  Depuis toujours, les Hindous eurent cette foi et celle-ci se perpétua pendant de nombreux siècles.  Ils priaient ainsi :  « Seigneur, exaucez‑nous pour qu'il y ait de la pluie, de bonnes récoltes, de la nourriture.  Bénissez‑nous pour nous éviter les maladies ».  Aujourd'hui encore, nous retrouvons partout cette même idée d'un Dieu très puissant que nous pouvons prier pour obtenir ce que nous désirons :  succès, richesse, santé, etc.  Si vous priez, le Seigneur vous exaucera.  Cette forme de religion est bien répandue ; elle est très simple et bien appréciée.  Quand un homme voit tous ses efforts échouer, il se met à croire en la puissance divine.  Il s'agit alors de foi, de vie spirituelle.  Les gens disent souvent :  « Je ne fais pas de progrès ; je ne vois pas le bénéfice de tout ce que je fais.  Il y a tant de mal, je souffre beaucoup.  Y a‑t‑il vraiment un Dieu qui écoute mes prières ?  Ou est‑il sourd et ne m'entend peut‑être pas ? »  Les Hindous prient également ainsi :  « Seigneur, êtes‑vous sourd ou votre coeur est‑il dur comme la pierre ? »

 

C'est un problème important et il ne date pas d'aujourd'hui.  Depuis des siècles, on se pose cette question.  C'est une des raisons pour lesquelles les Bouddhistes ont abandonné la croyance en Dieu.  Ils n'acceptent pas Dieu car ils n'admettent pas cette forme de prière :  « Seigneur, donnez‑moi ceci, donnez‑moi cela », comme des enfants demandant une boîte de chocolats qu'ils aiment.  Ceux qui souffrent ont souvent cette attitude.  Peut‑on cependant dire que ce soit une erreur ?  ‑ Non, ce ne serait pas juste de le dire.  Mais les grands maîtres nous ont enseigné qu'il faut faire une nette distinction entre la spiritualité et le plan matériel.  Ce dernier est celui du monde où nous vivons, où nous percevons, recherchons, pensons.  Il faut reconnaître que nous vivons davantage sur le plan matériel qu'au niveau spirituel.

 

Cependant, nous sommes essentiellement l'Esprit et ce qui est nôtre est la matière.  Le corps avec lequel nous vivons est fait de matière et il doit retourner à la matière.  Mais ce n'est pas vraiment la mort.  Si nous sommes l'Esprit, si l'Esprit est infini, éternel, tout en étant la source de ce qui est fini, périssable, comment pouvons‑nous penser à notre mort ?  Nous croyons quand même que nous devons mourir.  Cette peur de la mort provient de la fausse croyance que nous sommes ce corps fait de matière.  Si on enseigne à un enfant, dès son plus jeune âge, qu'il est l'Esprit, qu'il est l'Esprit et non le corps, cet enfant ne connaîtra pas la peur de la mort.  Mais ce problème existe pour nous car nous sommes si fortement identifiés avec notre corps et avec notre nom que nous répondons aussitôt que l'on nous appelle par ce nom.  Nous sommes très peu conscients de notre véritable nature car nous sommes assujettis aux objets matériels.

 

La Bhagavad Gîtâ, au 2e chapitre, nous enseigne ce qu'est notre véritable nature :

Sache‑le, Cela par quoi tout est pénétré est indestructible.  Personne ne peut détruire l'Impérissable.

Les corps ont une fin ; mais Celui qui s'incarne dans les corps est éternel, impérissable, indestructible.

Celui qui pense que Cela est meurtrier, celui qui croit que Cela est tué, tous deux sont ignorants parce que Cela ne tue pas et ne peut être tué.

Il ne naît jamais.  Il ne meurt jamais.  Ayant été, Il ne cesse pas d'être.  Il est non‑né, éternel, permanent, ancien.  Il n'est pas détruit quand le corps est détruit.

Les armes ne Le fendent, ni le feu ne Le brûle, ni les eaux ne Le mouillent, ni le vent ne Le dessèche.

Il ne peut être ni fendu, ni brûlé, ni mouillé, ni desséché.  Il est éternel, présent en tous lieux, stable, immobile, ancien.

Il est non‑manifesté, impensable, inchangeable.  Donc, Le sachant tel, tu ne dois pas t'affliger.

 

Ces conseils sont valables pour tous et à toutes les époques parce qu'ils se rapportent au coeur même de notre problème.  « Je suis mouillé, je suis brûlé, je souffre ».  D'un côté, il y a l'expérience ordinaire et de l'autre les idées spirituelles.  Nous sommes toujours complètement identifiés avec le corps ; mais où est la spiritualité ?  ‑ Je peux prier, méditer.  Mais qui médite ?  Pourquoi ?  ‑ C'est vrai.  Lorsque je suis réellement convaincu que je suis l'Esprit, que je suis toujours l'Esprit, je n'ai pas besoin de méditer ou de prier.  Je n'ai plus besoin d'avoir foi en ces enseignements ; mais, pour les autres, cette foi est nécessaire.  C'est le premier pas, la condition absolument nécessaire pour commencer une vie spirituelle.

 

Il faut tout d'abord dire :  « Je suis l'Esprit qui a revêtu un corps, tout comme celui‑ci porte des vêtements ».  Mais étant si fortement conditionné, je crois être tel individu, possédant tel nom et telle forme.  Je voudrais m'en libérer.  ‑ C'est l'aspiration spirituelle.  Le mot spiritualité n'est pas très courant en Occident où on préfère celui de religion.  Or, le terme de religion est assez vague et nous fait penser tantôt à l'église dont nous sommes membres, tantôt aux rites que nous accomplissons en diverses occasions, tantôt à la morale ou au credo que nous récitons ou encore à la plus ou moins grande dévotion avec laquelle nous pensons à Dieu.

 

La notion de spiritualité est beaucoup plus nettement délimitée.  Elle correspond à un mouvement, à un effort individuel pour se rapprocher de la Divinité, pour réaliser dans sa vie sa véritable nature d'homme, pour sortir du monde de l'agitation et des ténèbres et entrer dans le domaine de la réalité, de la sérénité et de la lumière.  Il existe de nombreux chemins pour y parvenir.  Il ne faut donc pas confondre la spiritualité avec la religion et les pratiques.  Celles‑ci ne sont pas à rejeter ; mais ce n'est pas la spiritualité.  Nous pouvons nous demander s'il est bon de prier pour notre santé ou celle d'autrui.  Ce n'est pas mal de le faire ; mais nous devons chercher Dieu en tant qu'Esprit Suprême.  L'Esprit n'a besoin de rien ; Il est toujours pur et parfait.  Une personne vraiment spirituelle ne demandera jamais au Seigneur de la guérir.  Ainsi, les grands saints peuvent être malades et souffrir beaucoup physiquement ; mais cette souffrance les touche très peu car ils vivent dans un autre niveau de conscience.

 

Nous devons aussi arriver à vivre dans un niveau spirituel élevé.  La mort, le bien et le mal demeureront toujours en ce monde.  Nous aurons tous à supporter des épreuves très pénibles ; mais l'Esprit peut vaincre toutes les souffrances, résoudre tous les problèmes.  Problèmes pour qui ?  ‑ Celui qui est identifié à l'Esprit Suprême n'a aucun problème.  Çri Râmakrichna est pour nous un exemple extraordinaire.  Il souffrait terriblement d'un cancer de la gorge et pouvait à peine manger ; mais il parlait constamment de Dieu, bien qu'on lui ait formellement conseillé de ne pas parler.

 

Cet exemple apporte un peu de lumière sur la question de la vie spirituelle.  Qui est vraiment un être spirituel ?  ‑ Celui qui vit avec une conscience très différente de la conscience ordinaire.  Nous devons comprendre qu'il y a plusieurs niveaux de conscience ; celui de l'enfant, par exemple, est différent de celui de l'adulte.  Il y a aussi un niveau de conscience très élevé où l'être vit dans le monde complètement détaché, comme s'il n'y vivait pas.  Nous pouvons parvenir à cet état.  Grâce à des efforts, il se produira petit à petit un changement.  Notre vision ne restera pas toujours limitée.  Nous comprendrons qu'il est absolument enfantin de dépendre exclusivement du plan matériel.  Il nous faut vivre, au contraire, avec la pensée constante que nous sommes l'Esprit au‑delà de tous les conditionnements, que nous sommes libres.  Le but de la vie spirituelle est d'atteindre la Libération, état où l'on est complètement détaché de tout.  Mais nous sommes attachés à ce monde et nous ne sommes pas libres.  Ainsi nous souffrons à cause de cela.  Pour se libérer de l'attachement, il faut voir le monde différemment, voir l'Esprit de Dieu en chacun de nos proches, dans tous les hommes, en chaque être.

 

Qu'est‑ce que la richesse ?  ‑ Les sages disent que la vraie richesse, c'est la sagesse.  À cause de notre ignorance, l'ignorance de notre véritable nature, nous souffrons.  Il nous faut découvrir en nous quelque chose qui ne change jamais.  On réalisera alors la perfection permanente.  Il semble que ce soit impossible pour nous qui sommes fortement conditionnés et qui vivons au milieu de gens et de choses imparfaits.  L'élargissement de la conscience nous paraît être une sorte d'illusion, d'imagination.  Mais tous les grands sages ont répété avec insistance que c'est la seule vérité.  Nous devons sortir de la coquille que nous avons construite.  Une histoire que racontait Rabindranath Tagore m'a énormément impressionné.  C'est celle d'un petit poussin.  Il est encore dans sa coquille.  À l'intérieur, il voit que tout est blanc.  Il n'y a rien d'autre.  Son univers est très, très limité, blanc, tout blanc.  Un jour enfin, il casse sa coquille et il sort.  Le monde qu'il découvre alors n'est plus du tout le même ; il est totalement différent.  Nous devons aussi briser notre coquille qui nous limite à une très imparfaite idée de nous‑mêmes, une idée très restreinte.

 

Nous pouvons nous demander :  Qu'est‑ce que l'aspiration spirituelle ?  Que devons‑nous faire pour l'acquérir ?  Si nous pouvons l'obtenir, que trouverons‑nous ?

Nous devons tout d'abord préparer notre esprit, éliminer toutes les idées fausses.  N'imaginez pas que Dieu soit là pour vous servir et vous apporter tout ce que vous demandez.  Nous devons vivre dans le monde et, en conséquence, accepter la vie comme elle est.  Nous devons faire tous les efforts nécessaires pour réussir ; mais il ne faut pas demander au Seigneur de faire les choses pour nous.  D'ordinaire, les gens adorent et prient les divinités et aussi les êtres pouvant les aider dans leurs entreprises.  Si nous recherchons la puissance, nous pouvons aduler ceux qui sont puissants.  Cela se passe ainsi dans le domaine politique.  Un pays faible, voulant résister à un ennemi très fort, demandera l'aide d'un pays très puissant.  De même, les gens peuvent prier Dieu pour bénéficier de Son aide.

 

Mais il ne faut pas confondre cette conception de Dieu avec celle de l'Esprit Suprême qui est au‑delà de tout, indescriptible.  Si nos prières sont exaucées, nous ne pouvons pas vraiment expliquer comment cela arrive.  Lorsque nous pensons intensément à une certaine chose, il se produit un résultat.  Les Oupanichads exposent cette idée très simple et très intéressante :  nous devenons ce que nous pensons.  Un homme qui a constamment de mauvaises pensées devient méchant.  Celui qui pense toujours au bien devient bon.  Donc, en méditant sur le Seigneur en tant qu'Être parfait, cette perfection sur laquelle nous méditons doit se manifester en nous.  Notre mental doit être absolument pur pour recevoir toute Sa grâce.  Ne pensons à rien d'autre que ceci :  Dieu est parfait et, par Sa grâce, nous devons devenir parfaits.  Nous ne devons pas prier le Seigneur pour des choses matérielles et mondaines.  Ce genre de prière nous fait descendre du niveau spirituel à un niveau très inférieur.

 

Le Védanta enseigne que nous devons d'abord écouter longuement et poser ensuite toutes les questions possibles afin de devenir parfaitement convaincu que nous sommes l'Esprit pur et parfait.  Tout le reste est secondaire.  Nous devons être conscient de notre véritable nature.  L'Esprit est le maître du corps et il peut devenir, comme Swâmi Vivekânanda l'a dit, maître de la nature extérieure et intérieure.  La première démarche est donc d'entendre la Vérité de la bouche d'un maître établi dans le niveau spirituel.  Lorsqu'il parle, une lumière semble émaner de lui.  Tous ceux qui l'entendent sont impressionnés.  Mais cela peut nécessiter beaucoup de temps pour que l'on soit tout à fait convaincu.  Un vrai maître vous laissera toute liberté pour lui poser n'importe quelle question sur cet enseignement.  Il tentera par tous les moyens de vous donner cette conviction que vous n'êtes pas un être conditionné, mais que vous êtes toujours libre.

 

Ce stade terminé, la deuxième étape commence.  Vous devez alors réfléchir et aussi poser des questions.  Peut-être penserez‑vous que tout cela n'est qu'imagination, qu'une philosophie erronée.  Lorsque vous serez convaincu, vous arriverez au troisième stade :  la méditation.

L'esprit purifié peut alors s'établir facilement dans la méditation.  Mais la plupart des gens disent qu'ils n'arrivent pas à méditer sérieusement car toutes sortes de pensées futiles viennent les déranger.  La méditation est troublée par qui ?  ‑ Par eux‑mêmes.  Chacun accumule en lui‑même une foule de pensées qu'il considère très chères, très importantes pour lui et sans lesquelles il ne pourrait pas vivre, semble‑t‑il.  Il lui incombe d'éliminer toutes ces pensées inutiles s'il recherche vraiment la vie spirituelle.  Comment y parvenir ?  ‑ Çri Râmakrichna l'a bien dit :  « Avez‑vous vraiment une intense nostalgie pour le Seigneur ? »  ‑Posez‑vous cette question.  Il n'est pas nécessaire de recourir à nulle autre.  On s'apercevra bien vite qu'au lieu de penser au Seigneur, on pense au confort, à la nourriture, aux plaisirs, etc.  C'est tout à fait naturel.  Çri Râmakrichna n'ignorait pas ces problèmes et il admettait que les gens recherchent les réjouissances :  ‘Ayez tout ce que vous voulez, autant que vous voulez’, disait‑il.  Mais il savait qu'on ne peut être vraiment satisfait de tout cela.  Intérieurement, il se produira une réaction et petit à petit tout partira de soi‑même.  On peut aussi faire des efforts dans ce sens.  Il faut être libéré de tout.  La nostalgie vient alors.  Si on manque de quelque chose, on n'a pas de paix ; on souffre ; il y a un vide.  C'est un des signes de cette nostalgie.  Lorsque vous atteindrez le Seigneur, vous ne penserez pas qu'il vous reste quelque chose à faire.  Il s'établit un sentiment de plénitude.  Tant qu'il n'y a pas plénitude, on n'est pas arrivé au but.  Çri Râmakrichna a dit :  « Un jour, tout le monde sans exception aura cette nostalgie.  Cela peut débuter comme une petite étincelle ; mais petit à petit cela deviendra plus fort, comme un feu. »

 

Faut‑il pour cela renoncer au monde ?  ‑ Le renoncement forcé est une absurdité.  Vous n'avez pas le droit de dire :  « J'ai renoncé », si intérieurement vous désirez encore quelque chose.  Mais lorsque tout part de soi-même, quelle merveille !  Pensez au Bouddha qui a tout quitté pour chercher le nirvâna.  Peut‑être ne pouvez-vous pas admettre un tel renoncement au début de sa vie.  Quand il est revenu chez son père, celui‑ci était très heureux de le revoir.  Il voulait que son fils lui succède comme roi.  Mais le Bouddha n'avait plus besoin de rien.  Toutes les idées de richesses, d'honneur, de jouissances avaient disparu de son esprit.

 

Le renoncement est la deuxième étape.  Le véritable renoncement provoque une intense nostalgie de Dieu.  L'aspiration spirituelle a trouvé place dans le coeur.  Après le renoncement, on peut aller de plus en plus loin.

 

Les lectures peuvent nous aider.  Dans les Écritures sacrées, nous lisons que tout est Mâyâ, que le monde est irréel.  Pourtant, dans notre condition actuelle, tout nous paraît réel ; mais dans un autre état, tout cela est irréel.  Au cinéma, nous voyons des gens vivre.  Le film présente une histoire, mais où sont les gens ?  ‑ C'est une illusion que nous acceptons.  Il en est de même dans notre vie.  Le mental fabrique toutes sortes de choses illusoires qui donnent l'impression d'être vraies.  Les grands maîtres disent que nous avons créé notre propre monde avec des choses qui n'ont, en vérité, pas de réalité.  L'Esprit pur est au‑delà de tout.

 

Nous pouvons nous demander si tout cela est vrai, si ce n'est pas le fruit de l'imagination.  On peut dire que nos pensées sont fabriquées par notre mental.  Certes, on peut nier la multiplicité, mais pas ce qui est derrière cette multiplicité.  On peut se poser beaucoup de questions, mais qui pose les questions ?  Qui suis‑je ?  ‑ C'est également une question.  Nous arrivons finalement à la conclusion qu'il y a une seule Réalité.  Nous pouvons lui donner le nom de Dieu, d'Esprit Suprême, de Brahman comme les Hindous ou ne pas lui donner de nom.  Cela dépend de l'approche de chacun.

 

Je voudrais terminer en disant qu'il n'y a qu'une seule Réalité.  Le Védanta nous apprend que chaque fois que nous voyons un autre, chaque fois que nous entendons un autre, chaque fois qu'il y a un autre, il y a toujours difficulté.  Dès que nous dépassons la dualité, il y a une expérience unique, lumineuse.  En réalisant l'unité, tous les problèmes disparaissent.  Notre conscience n'est pas qu'une simple parcelle.  Elle est la Conscience universelle.  Ainsi, il n'y a pas vous et moi, mais seulement Un.

 

Avec cette notion, nous comprenons l'enseignement du Seigneur Jésus, celui de Râmakrichna, celui du Védanta ou de n'importe quel grand maître.  Pour tous, il n'y a qu'un seul but :  Atteindre l'unité.  Si nous y parvenons, même une vie très dure et pleine de souffrances devient supportable.

 

Cette Unité, cette Conscience universelle est la Réalisation.  C'est le but que tous les grands maîtres nous montrent.  Telle doit être l'aspiration spirituelle.