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 Les religions antiques proche-orientales

 

Présentation

Le proche orient ancien est sans conteste le berceau de la civilisation. De nombreuses inventions telles que l'écriture ou la roue proviennent de cette région. Sont englobés dans cette aire géographique, les états modernes de l'Iran, l'Iraq, Israël, la Jordanie, la Turquie, la Syrie, le Liban et le nord de la péninsule arabique. Suivant les civilisations, on possède de nombreux documents comme c'est le cas pour la culture babylonienne ou quasiment rien comme c'est le cas pour les philistins. La plus ancienne des civilisations est celle des bassins du Tigre et de l'Euphrate, la Mésopotamie. Ce sont sur les rives de ces deux fleuves où avec le développement de tout un système d'irrigation que se sont implantées de grandes cités, berceaux de ces civilisations.
Concernant les religions, tous ces peuples ont vécus au cours des siècles soit en faisant des échanges, soit en s'envahissant ou encore en se remplaçant ce qui fait que les religions les plus récentes comportent souvent bon nombre de dieux rebaptisés ou d'éléments des plus anciennes.

L'étendue géographique où se sont sont implantées les grandes civilisations du Proche Orient.

 

 

  

Les Sumériens

Ce sont les Sumériens qui inventèrent l'écriture cunéiforme sur des tablettes d'argile. Uruk était leur ville principale vers 3000 avant J.C. Deux temples dédiés à Anu, le dieu suprême et à Inanna, la déesse de la fertilité et de l'amour étaient les édifices religieux principaux de la ville. Il semble qu'à cette époque chaque ville eut ses dieux ou déesses. Ainsi Enlil, le dieu de l'atmosphère était vénéré à Nippur tandis que Nanna, le dieu de la lune l'était à Ur. Chaque dieu principal avait sa famille et chaque membre de cette famille possédait un temple de moindre importance ou une simple chapelle.

Bas relief sumérien.

 

 

De nombreux mythes existent concernant l'origine du monde et de l'homme. L'un deux attribue à Enlil la séparation du ciel et de la terre. De cette séparation apparaît l'homme. Un autre mythe attribue cette même création de l'homme à Enki qui créa une figurine d'argile à laquelle Innana donna vie.
Les temples érigés en terrasses employaient un nombreux personnel depuis les prêtres jusqu'aux paysans qui exploitaient les domaines en passant par les scribes chargés de superviser et d'organiser l'ensemble. Ces temples étaient construits en brique à cause du manque de pierres. Chacun de ces temples comportait une chambre sacrée, la cella où était placée la statue du dieu. Les fidèles faisaient des offrandes et chaque jour, il fallait laver, habiller et nourrir ces dieux qui n'étaient ni visibles, ni accessibles par la foule. Des démons, à l'influence plutôt favorable, existaient également. On en comptait 3600 soit 60 au carré nombre clé du système sexagésimal sumérien.

Au cours du troisième millénaire avant J.C. des peuples sémites s'installèrent et se mêlèrent aux Sumériens et vers 2300 avant J.C. Sargon d'Akkad fonda un nouvel empire. Ces nouveaux arrivants identifièrent leurs dieux aux dieux sumériens. Ainsi Inanna fut identifiée à Ishtar et Enki à Ea. Ils nomèrent ziggourats les temples en forme de tours à étages à volumes dégressifs.
Mais cette nouvelle dynastie s'écroula laissant sa langue, l'akkadien comme langue courante et de nombreux récits traduits du sumérien. Le plus connu de ces récits est l'épopée de Gilgamesh, roi ayant régné à Ur vers 2700 avant J.C. et qui inspira les poètes de cette époque.

Une représentation de Gilgamesh terrassant un taureau.

 

 

Après de nombreux exploits, le roi Gilgamesh prend conscience qu'il est mortel et cherche alors à s'assurer l'immortalité. Il rencontre après de nombreux épisodes un vieillard du nom d'Utnapishtim, équivalent du Noé biblique, qui lui raconta comment il construisit un bateau sur l'injonction d'Enki afin de sauver un grand nombre d'espèces animales. Les Dieux avaient décidé de punir les hommes du bruit qu'ils faisaient sur la terre en déclenchant le déluge. Utnapishtim devint immortel en remerciement de ce qu'il avait fait. Il révéla à Gilgamesh l'endroit où se trouvait une plante restituant la jeunesse. Il la trouva et décida de la ramener à Ur pour l'essayer sur un vieillard. Sur le chemin du retour, désireux de se baigner, il la planta en terre et un serpent la mangea. Gilgamesh réalisa alors que l'immortalité n'était pas accessible à l'homme mais que ses actions lui vaudraient une gloire éternelle.

  

Les Assyriens et Babyloniens

Hadad, dieu de la tempête.

 

Ayant commencé à dominer la Mésopotamie vers 1400 avant J.C., les Assyriens essayèrent de copier les cultures plus anciennes. Aussi le dieu sumérien Enlil devint il Assur. Son principal temple était à Assur capitale homonyme. Il était vénéré comme dieu de la guerre et maître du destin. On le représentait sous les traits d'un homme debout sur un lion ailé ou avec un buste humain dans un disque solaire ailé. Le dieu de la chasse était Ninurta, le fils d'Assur, et il était vénéré comme dieu de la paix sous le nom de Shulmanu. Ishtar était la seule divinité féminine importante et était adorée comme maîtresse du combat. Elle était représentée en armes avec un lion pour symbole. Hadad nommé encore Ramman était le dieu du vent et de la tempête. Il avait un pouvoir de destruction, mais maître de la pluie, également un pouvoir de fertilité. Il était représenté avec un éclair dans la main. Nusku, dieu du feu était le messager des dieux et était porteur d'espoir.
Une particularité de ce peuple est qu'il n'intervenait pas dans les religions des pays conquis qui restaient libres de vivre selon leurs rites.
Ce sont les Babyloniens qui mirent fin à la domination d'Assur. Marduk devint alors la divinité principale et le dieu national des Babyloniens. L'Enuma elish était le texte mythique babylonien, conservé sur 7 tablettes en écriture cunéiforme contenant chacune un chant. Son auteur est inconnu. Il raconte l'avènement de Marduk et la victoire des jeunes dieux sur les dieux plus anciens. A l'origine du monde existait deux principes, le féminin, la mère commune, Tiamat l'eau salée entourant la terre et le masculin, Apsu, eau douce souterraine. A la création des dieux, il y eu une lutte entre lumière et obscurité dans laquelle les fils de Tiamat, dont Kingu, moururent. Marduk dû alors tuer Tiamat qui voulait détruire les dieux issus d'elle. Il fendit son corps en deux parties. Avec la première il fit la voûte céleste et les étoiles et avec la seconde la terre et les enfers. A la suite de cette ascension au sommet du panthéon, il créa l'homme en utilisant le sang de Kingu, avec l'aide de son père Enki-Ea.

Tête du roi Hammurabi qui régna de 1792 à 1750 avant J.C. Ce roi fit écrire un code qui porte son nom qui régit de nombreuses activités comme le commerce, l'artisanat... et qui établit un code civil pour le mariage, l'héritage... On le considère comme l'inventeur des lois.

Les dieux étaient regroupés en triades. Ainsi on retrouve la triade cosmique avec le ciel (Anu époux d'Ishtar), l'air avec la terre (Enlil) et les eaux (Ea) et la triade astrale composée des seigneurs des trois grands astres avec la lune (Sîn), le soleil (Shanash) et Vénus. Shanash considéré comme un dieu qui voit tout était le gardien de la vérité et de la justice. A ce titre c'est lui qui fournit à Hammurabi les textes des 282 arrêts de son code.
Concernant les fêtes, celle du nouvel an dite de l'Akitu était la plus importante. Sa durée était fonction du lieu et de l'époque. On expiait les fautes de l'année précédente en sacrifiant un mouton puis on célébrait la victoire de Marduk sur les forces du chaos en organisant notamment une procession. Le clergé était très hiérarchisé car on comptait trente classes de prêtres et vingt classes de prêtresses.
A l'époque de Nabuchodonosor, le plus célèbre des rois babyloniens, des théologiens émirent l'hypothèse que tous ces dieux n'étaient en fait que des manifestations diverses d'un seul dieu. La conquête de Babylone par les perses ne fit pas disparaître cette religion qui était encore présente en certains endroits à l'arrivée de l'Islam.

Muraille de la porte d'Ishtar à Babylone.

  

Les Cananéens

Canaan est le nom de la Palestine de 1800 à 1200 avant J.C. La plupart des temples de ce peuple était formé d'une simple salle et plus rarement il comportait une cour. Il semblerait que dans ce cas les fidèles se tenaient dans cette cour alors que le prêtre officiait dans le temple. On vénérait les dieux dans le but d'éloigner la sécheresse, la stérilité et les famines de la terre de Canaan. Les principales fêtes religieuses étaient celles des champs et du vin. Des sacrifices d'animaux, principalement des oiseaux ou des animaux domestiques comme des agneaux ou des chevreaux avaient lieu lors de ces fêtes, d'une naissance mais également lors de l'achèvement de la construction d'une nouvelle maison. Les statues des dieux étaient en pierre ou en métal et étaient recouvertes d'or, d'habits précieux et de bijoux. Ces statues appartenaient aux temples mais de petites figurines en terre cuite représentant le déesse mère étaient utilisées comme porte bonheur.

Une statue d'El.

 

 

Comme dans toutes les religions du proche orient ancien, les dieux incarnaient les forces de la nature. A leur tête El était le père des autres dieux et Asherah était son épouse. Leur fille Anat était la déesse de la guerre mais aussi de l'amour. Elle était l'amante de son frère Baal, le dieu du temps qui était le plus connus des dieux cananéens. De nombreux autres divinités forment le panthéon ainsi Shapash le dieu soleil ou Yarikh le dieu lune. Comme souvent chaque ville possédait sa divinité, Tyr par exemple honorait Melgart. Il y avait également quantité de démons et d'esprits qu'il fallait se concilier ou contre qui il fallait se protéger. Tous ces dieux, petits et grands étaient assez capricieux et avaient mauvais caractère.
Les Cananéens avaient appris des Babyloniens la technique de la divination aussi de nombreux prêtres prenaient les augures et prédisaient l'avenir.

Une représentation d'Ashera.

 

 

 

Les Hittites

Au cours du second millénaire avant J.C. les Hitittes peuplaient la plus grande partie de ce qui est aujourd'hui la Turquie. Le pays était escarpé aussi chaque ville avait sa divinité qui, comme souvent, étaient des déifications d'éléments naturels. Outre les divinités des villes, on trouve des divinités solaires, des dieux du monde souterrain, du temps... Cette religion est en fait une symbiose des différentes religions de l'empire (sumérienne, babylonienne, indo-européenne...) ce qui fait que l'on retrouve des dizaines de dieux. Ces divinités étaient honorées dans de grands temples et outre ces dieux principaux de nombreuses puissances étaient vénérées.
Au sommet du panthéon hittite on trouve Wurushemu, la déesse soleil de la ville d'Arinna et son époux Eshtar le soleil, roi des cieux et de l'orage. On distingue ensuite diverses divinités pour la nature (Kal, Karzi), pour la guerre (Zappana) et des déesses reines comme Ammanna ou Huwassanna.

La porte des lions de la capitale Hattusa.

 

 

A Hattusa la capitale du Hatti, le roi présidait au culte du dieu de l'orage et de la déesse du soleil. Le roi était à la fois le représentant du dieu de l'orage et son grand prêtre. Il devait chaque année participer aux grandes fêtes ayant lieu en l'honneur de ces dieux. Sa pureté cultuelle était assurée par des rituels complexes. L'absence du roi à ces cérémonies pouvait entraîner une catastrophe pour le pays. En dessous du roi se situaient les prêtres du haut clergé qui étaient les intermédiaires entre les dieux et les hommes.

 

Glossaire

Tablettes d'écriture cunéiforme.

 

 

Anat: Déesse guerrière et déesse de la fécondité chez les Cananéens.

Anu: Dans la religion sumérienne, il est le dieu du ciel et dieu suprême.

Assur: Nom du dieu majeur des Assyriens et ancienne ville d'Assyrie sur la rive droite du Tigre.

Baal: Chez les cananéens, c'est le dieu du temps. Vu l'importance des précipitations dans ces régions arides, il était particulièrement vénéré et très connu.

Ea: Chez les Akkadiens, c'est le dieu équivalent à l'Enki sumérien.

El: Dieu du ciel et créateur chez les Cananéens et les anciens sémites occidentaux.

Enki: Troisième dieu du panthéon sumérien. Il est le seigneur du sol, c'est à dire du gouffre marin sur lequel repose la terre.

Enlil: Deuxième dieu du panthéon sumérien, il est le seigneur de l'air et régit les relations entre les puissances supérieures et les hommes. C'est lui qui déclenche le déluge.

Gilgamesh: Roi ayant régné à Ur vers 2700 avant J.C. Ses actions et sa personnalité furent sans doute particulières car il inspira les poètes pour l'épopée mythique qui porte son nom.

Inanna déesse de la fertilité et de l'amour.

 

 

Inanna: Dans la religion sumérienne, c'est la déesse de la fertilité et de l'amour.

Ishtar: Déesse de la fécondité qui correspond à la déesse sumérienne Inanna. On lui attribue de nombreuses aventures amoureuses. Elle fut identifiée à l'Aphrodite grecque.

Marduk: Dieu de Babylonne, ancienne divinité agraire placée au sommet du panthéon par Hammurabi.

Melgart: Divinité Cananéenne de la ville de Tyr.

Nana: Le dieu de la lune chez les Sumériens dont le culte avait lieu à Ur.

Sargon d'Akkad. Sa mère une grande prêtresse l'aurait mis au monde en secret et l'aurait abandonné dans une corbeille sur l'Euphrate. Aqqi, un puiseur d'eau le recueillit et l'éleva. Serviteur d'Ur-Zabada, le roi de Kish, il se révolta et le détrôna. Il marcha ensuite sur Uruk qu'il prit et détrôna le puissant roi Lugalzagesi.

 

 

Sargon d'Akkad: Dit aussi Sargon l'ancien ou d'Agadé, il fut le premier roi d'Akkad dont il fonda la puissance.

Shanash: Dieu babylonnien gardien de la vérité et de la justice. C'est lui qui transmet les articles du code au roi Hammurabi.

Shapash: Le dieu du soleil chez la Cananéens.

Uruk: Ville de basse Mésopotamie qui vit la naissance de l'écriture. Elle est la patrie du héros Gilgamesh.

Yarikh: Le dieu de la lune chez les Cananéens.

Wurushemu: Déesse soleil de la ville d'Arinna. Elle est au sommet du panthéon hittite avec son mari Eshtar le soleil, roi des cieux.

 

De AACAWEB