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 Marie

 

La Vierge Marie est, selon les Évangiles (partie du Nouveau Testament ), la mère de Jésus-Christ

La Tradition catholique en fait la fille d'Anne et de Joachim (évangiles apocryphes, aucune mention de cette filiation étant fait dans le Nouveau Testament). Les Conciles la reconnaissent comme Theotokos, "Mère de Dieu". Par contre, les qualifications et l'identité de Marie, en dehors du canon de la Bible, sont pleinement rejetés par les protestants, qui donc rejettent également le culte marial.

Marie est également citée sous le nom de Maryam dans le Coran , qui lui consacre la sourate 19 où sont évoquées les naissances miraculeuses de Jean-Baptiste  (Yahya) et de Jésus(Aissa). Le Coran ne mentionne pas le personnage de Joseph, mais donne à Marie un frère appelé Haroun. Ce manque de correspondance amène certains à identifier dans le Coran une interpolation qui confondrait, erronément, Maryam (Marie, mère du Christ) avec une autre Maryam (la sœur de Moïse) citée dans le Livre de l'Exode, précédant la première d'au moins quinze siècles selon l'histoire, et qui, elle, avait notamment comme frère Haroun (version hébraïque du nom Aaron).

 

Les Évangiles

Le catholicisme et les Églises orthodoxes accordent une place spéciale à la Vierge Marie, "Mère de Dieu". Une grande partie de la spiritualité mariale a été développée postérieurement à l'époque de la rédaction des Évangiles.

Seul Luc est le plus prolixe au sujet de Marie. Cet Évangile commence par la naissance miraculeuse de Jean-Baptiste, fils de Zacharie et d'Élisabeth, annoncée par l'ange Gabriel, qui se rend ensuite auprès de Marie pour lui dire qu'elle aussi va avoir un enfant, comme sa parente Élisabeth. Dans l'évocation de la naissance et des premiers mois du Christ, Marie joue un premier rôle, tandis que Joseph est laissé dans l'ombre. On peut donc dire d'une certaine manière que l'auteur à Théophile est à l'origine du culte marial, mais que son texte ne saurait à lui seul expliquer l'extraordinaire développement de ce culte au fil des siècles.

Marc ne mentionne Marie qu'occasionnellement. Jean, qui n'évoque pas la naissance du Christ, l'associe au miracle des Noces de Cana et à la Crucifixion. Matthieu commence son texte par une longue généalogie remontant à Abraham, mais cette généalogie ne concerne que Joseph. Il précise simplement que Marie se trouve enceinte par le fait de l'Esprit Saint (I:18), mais c'est Joseph qui tient le rôle principal : c'est lui qui pense d'abord à répudier Marie lorsqu'il voit qu'elle est enceinte, lui à qui l'Ange apparaît pour lui expliquer la situation et lui dire de donner le nom de Jésus à l'enfant.

 

Interprétation de la critique textuelle contemporaine

Les Récits d'enfance concernant Marie seraient des récits tardifs ajoutés postérieurement à la rédaction des évangiles. De ce fait, la présence de Marie dans le texte dont disposaient les premières communautés chrétiennes serait encore plus parcimonieuse, et se limiterait aux informations figurant dans les Évangiles. Leur facture font les exégètes identifier ces sources à des récits apocryphes dont le propos consiste à combler les vides de l'histoire.

C'est dans cette même logique que les protestants ne prêtent pas foi à d'autres informations sur Marie que celles déjà contenues dans les Évangiles - et qui parfois, à les croire, contredisent les récits apocryphes.

 

La tradition ancienne

On peut donc penser que le statut de Marie, comme quasi-intermédiaire entre Dieu et les hommes se concrétisa au moment où Jésus était pleinement reconnu comme Dieu le Fils et où l'on s'interrogeait sur sa nature. C'est effectivement ce qui se passa lors du Concile oecuménique de Chalcédoine (381), quand on définit Marie "Theotokos", Mère de Dieu.

Néanmoins, les écrits fondateurs des premières communautés chrétiennes jusqu'au début du IVe siècle - soit le canon du Nouveau Testament - ne donnent aucun indice concret sur un quelconque rôle intermédiaire de Marie entre Dieu et les hommes. Tout au plus, sur base de ces sources, peut-on lui attribuer un statut de "maternité universelle", mais il y a là des conflits d'interprétation, surtout entre catholiques et protestants (principalement évangéliques).

La patristique du IIe et IIIe siècle se fonde sur les récits des Evangiles canoniques et, dans certains cas, sur des traditions orales (Jérusalem, Ephèse).

Les Pères tiennent parfois pour authentiques les évangiles apocryphes et les textes apocalyptiques jusqu'au Ve siècle. Ainsi, Ambroise de Milan fonde la doctrine de la Virginité perpétuelle de Marie sur le Protévangile de Jacques qui raconte la parabole de la sage-femme à la main sèche et fournit des fondements anciens au culte marial. C'est le nom donné au XVIe siècle à un manuscrit apocryphe qui porte le titre de « Nativité de Marie, révélation de Jacques ». Il date du milieu du second siècle, semble avoir été écrit par un non-juif, peut-être un égyptien et se concentre sur la question délicate de l'incarnation de Jésus. Il présente la pureté absolue d'une Marie élevée au sein du temple et fonde ainsi la plupart des développements ultérieurs même si le Décret dit de Gélase (qui fixe au VIe siècle la liste des apocryphes et limite ainsi la liste des évangiles canoniques) ne l'a pas retenu (sur la constitution du canon)

  

 Le culte de la Vierge

 

Antiquité et haut Moyen Âge

Les nombreux textes apocryphes postérieurs aux Évangiles ont largement contribué à développer le culte marial. Le plus important d'entre eux est sans doute le Protévangile de Jacques, datable du milieu du IIe siècle et qui se dit écrit par l'apôtre Jacques le Mineur, frère ou demi-frère du Christ. C'est lui qui développe le thème de l'absolue pureté de Marie en rajoutant à sa virginité perpétuelle le fait qu'elle-même ait été conçue par la seule volonté de Dieu, qui mit fin à la stérilité de sa mère Anne. C'est l'ébauche du dogme de l'Immaculée Conception, ainsi que le thèmes chers au culte marial : célébration d'Anne et Joachim, les parents de la Vierge, Présentation de la Vierge au Temple, Éducation de la Vierge, tous issus du protévangile de Jacques.

La dévotion à la Vierge se développe à la fois dans les églises d'Orient et d'Occident. Elle devient la nouvelle Ève, celle qui met fin au péché originel en enfantant le Christ. Sa pureté est réaffirmée par la croyance à l'Assomption, attestée dès la seconde moitié du VIe siècle, suivant en cela le récit de la "mort" de Marie.

 

Moyen Âge et époque moderne

L'iconographie médiévale nous montre que, dans la religion catholique, la Vierge est quasiment indissociable du Christ : chaque église possède ou possédait sa statue de la Vierge à l'Enfant, et les autres thèmes les plus fréquemment développés sont ceux de la Nativité et de la Fuite en Égypte. Mais en même temps la Vierge acquiert un statut de reine, développé dans de nombreux écrits, et saint Bernard transforme en litanies de la Vierge les versets érotiques du Cantique des Cantiques, appliquant à Marie toutes les métaphores contenues dans le texte biblique. De très nombreuses églises et cathédrales lui sont consacrées, sous le vocable de Notre-Dame. La Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay, sanctuaire marial, fut l'un des lieux de pèlerinage les plus importants du Moyen-Âge et de la Renaissance.

De plus, les Cisterciens développent la dévotion du Rosaire, reprise ensuite par les Dominicains, transformée en fête religieuse au XVIe siècle, après la victoire de Lépante  (1571). Car la Vierge est maintenant associée aux combats que le catholicisme doit mener contre les hérétiques. La Réforme met en doute le culte de la Vierge, c'est donc la Vierge qui mènera le combat contre les réformés. Les retables du Rosaire se multiplient, tout comme les représentations de l'Immaculée Conception et celles de l'Assomption, sans compter les innombrables miracles peints notamment sur les ex-voto.

Dans l’Occident latin, le mois de mai est dédié à Marie, semble-t-il, depuis le XIIIe siècle. On raconte que saint Philippe Néri (1536-1595) avait l’habitude de rassembler les enfants, le 1er mai, autour d’un petit autel de Marie. Mais c’est au XVIIIe siècle, que se répandit la coutume d’une célébration familiale du mois de Marie, à l’instigation des Jésuites. Le Pape Pie VII , en 1815, approuve officiellement la pratique de cette dévotion.

 

Époque contemporaine

La notion de combat semble également au cœur des représentations de la Vierge au XIXe siècle, qui lui associe Jeanne d'Arc dans la défense de l'Église contre l'impiété et le républicanisme. Ce n'est pas un hasard si l'Immaculée Conception devient un dogme en 1854, et si la dévotion du Rosaire gagne encore en ampleur après les miracles de Lourdes. Quelques décennies plus tard, le pape Pie XII instituera l'Assomption en dogme (1950).

Ces dernières années, sans pour autant désavouer le culte de la Vierge, on s'est efforcé d'en contenir certains excès. Le concile Vatican II considère comme légitime et nécessaire la dévotion à la Vierge, mais met en garde les fidèles, comme le rappelle le pape Jean-Paul II :

« le Concile engage les théologiens et les prédicateurs à éviter toute exagération comme toute attitude minimaliste dans la façon de considérer la dignité de Marie. Car, en vénérant l'image, on honore la personne de la Mère de Dieu. L'authentique doctrine mariale, dans la fidélité à l'Écriture et à la Tradition, se réfère au Christ : en Marie, tout vient du Christ et est orienté vers Lui. Enfin, les Pères conciliaires mettent en garde contre la vaine crédulité et la prédominance des sentiments. La dévotion mariale authentique pousse à une affection filiale envers la Vierge et suscite la ferme décision d'imiter ses vertus. »

  

 Miracles et apparitions

 

Pendant le pontificat de Libère, un aristocrate nommé Jean et sa femme eurent un songe communiqué par a Vierge Marie leur demandant de construire une chapelle. La basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome fut construite par la suite.

Dès le Moyen Âge, les miracles attribués à la Vierge se multiplient et sont publiés dans de nombreux recueils, l'un des plus célèbres étant les « Miracles de Notre-Dame » de Gautier de Coincy, au début du XIIIe siècle. Souvent, ces miracles aboutissent à la construction d'églises ou d'ermitages, où d'autres miracles auront lieu par la suite. Notre Dame de Guadalupe a ordonné la construction d'une église en 1531 à un pauvre Indien à Tepeyac.

Dans le cas des ermitages, on peut avoir affaire à un modèle unique, reproduit à des dizaines d'exemplaires : un berger ou un vacher, guidé par une des ses bêtes, découvre une statue de la Vierge enfouie dans le sol ou blottie dans un arbre. Il ramène la statue dans sa ville ou son village, mais elle disparaît quelque temps après et revient à l'endroit où elle a été trouvée. On comprend alors qu'elle veut qu'on lui construise un sanctuaire, ce qui est fait dans les mois ou les années qui viennent. Puis on viendra en pèlerinage dans ces sanctuaires, où de nombreuses guérisons se produiront, comme en témoignent les ex-voto qui tapissent les murs de certaines de ces églises. Dans une apparition de 1664 à Saint-Étienne-le-Laus, la Vierge Marie se présente à Benoîte Rencurel, une bergère de 17 ans et dit : «Je suis Dame Marie, la Mère de Jésus.» Au mois de mai 1682, la Madonne se présente à la jeune Madeleine Serre et lui demande de construire une chapelle après que cette dernière eût tombé dans un trou. La Chapelle Saint-Bernard est finalement construite en août 1689.

Dans la plupart des miracles précédents, la Vierge n'apparaissait pas forcément aux fidèles, sinon en rêve. Tout change à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, où elle apparaît en personne en divers endroits : à la Rue du Bac le 18 juillet 1830, à La Salette en 1846, à Lourdes à Bernadette Soubirous (1858), à Pellevoisin en 1876, à Pontmain en 1871, à Knock en 1879, puis en 1917 à Fatima, où elle apparaît à trois jeunes bergers portugais. Elle se présente comme la Vierge des Pauvres à Banneux de janvier à mars 1933. Ida Peerdeman voit la Vierge Marie de 1945 à 1959, qui veut se faire appeler la «Dame de tous les Peuples». Du 29 août au 1er septembre 1953, la Madonne a envoyé ses larmes à Antonina Jannuso de Syracuse ; c'est Notre Dame de Syracuse. Des apparitions mariales sont rapportées à Garabandal en 1961 mais ne sont pas reconnues par l'évêque local. En avril 1968, la Vierge Marie est apparue devant la télévision égyptienne à Zeitoun, des apparitions qui ont duré trois ans. En 1969, elle apparaît à Akita au Japon; ces apparitions sont reconnues par l'évêque. Plus récemment, elle serait encore apparue à partir de 1981 à des jeunes gens de Medjugorje, petit village de Bosnie-Herzégovine. D'autres miracles sont depuis signalés à Kibeho en 1981, à Soufanieh en 1982, à San Nicolás en 1983, à Betania en 1984 et à Civitavecchia en 1995. Des apparitions mariales sont même alléguées à Montréal de 1998 à 2005.

 

Prières

Beaucoup de prières catholiques sont dédiées à la Vierge Marie. Le rosaire a un caractère essentiellement marial, ce qui ne lui enlève en rien son caractère christocentrique, selon Jean-Paul II dans Rosarium Virginis Mariae. Le Je vous salue Marie est la prière la plus dite du chapelet. L'Angélus reprend les paroles du dialogue entre Marie et l'ange Gabriel. Cette prière prise au lever jour, à midi et le soir, est remplacée entre Pâques et la Pentecôte par le Regina Cæli, qui proclame qu'elle est la Reine du Ciel. Salve Regina est une prière qui demande à Notre Dame la compassion, la miséricorde, la consolation, l'espoir et le salut. La tradition chrétienne enseigne que Marie a aussi composé un cantique, le Magnificat. Le Stabat Mater enseigne que Marie fut transpercée d'un glaive en pleurant devant Jésus qui pendait sur la croix ; ceci est redit dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus. À Fatima, la Vierge Marie a enseigné une prière aux trois jeunes voyants.

 

De Wikipédia