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Le temple des tigres de Kanchanaburi

 

Dans ce temple bouddhiste de l’ouest de la Thaïlande, les moines vivent au milieu de tigres adultes qu’ils ont recueillis et qui apparemment souscrivent, comme eux, aux principes de non-violence.

Dans le courant de leur journée, les moines du temple de Pha Luang Ba Tua promènent en laisse des tigres qu’ils ont recueillis et le supérieur Phusit Khantidharo explique que les dix fauves qui vivent dans ce temple de la province de Kanchanaburi ont adopté sans mal les manières bouddhistes.

 

 
« On est une grande famille ici et nous habitons ensemble, pas seulement avec les tigres mais beaucoup d’autres animaux », explique Phusit, assis dans la position du lotus sur une roche au milieu de cinq tigres adultes qui viennent l’un après l’autre frotter affectueusement leur gueule sur sa robe couleur safran.

Les félins, qui portent des noms comme Tempête, Eclair, ou Grand Ciel, vivent parmi des singes, chevaux, cerfs, paons, oies et cochons sauvages dans l’enceinte du temple.
 

 

 

Les visiteurs de ce lieu isolé, situé à 200 kms environ à l’ouest de Bangkok, sont invariablement sidérés de voir les moines jouer avec les énormes tigres comme s’ils étaient des chats. L’un des moines, qui pèse la moitié du fauve qui lui fait face, se met à quatre pattes face à lui et mime un combat. Le tigre fait un bond en arrière, ses griffes rétractées. Les moines ont écrit dans des carnets des commentaires sur la personnalité des différents tigres, avec des annotations telles : « aime bien être une star et parader », ou « fait semblant d’être doux, mais peut mordre ». Les tigres, expliquent les moines, sont le plus remuant à l’heure du dîner, moment où les touristes sont autorisés à venir les voir manger.

 


« Nous sommes des moines bouddhistes alors nous ne pouvons pas tuer (des animaux) pour leur donner à manger. Nous leur donnons de la nourriture pour chien (achetée) avec les dons au temple – ils aiment beaucoup la nourriture pour chien », dit Phusit. Le premier tigre a été amené au temple en 1998 après avoir été blessé par un chasseur, mais il est mort en quelques jours. Peu après, deux bébés tigres sont arrivés avec des profondes entailles de couteau. Des chasseurs avaient essayé de les éventrer pour leur injecter du formol avant de les vendre à un collectionneur. Ils ont miraculeusement survécu et le temple s’est vite acquis la réputation de paradis pour tigre. « Quand les villageois ont vu que nous nous occupions des premiers tigres, ils en ont amené d’autres. Certains étaient blessés par des gens qui voulaient les éloigner des villages », explique-t-il. « Le dernier bébé tigre arrivé n’avait pas de poil, il venait de naître et sa mère de mourir ».

 

 
La cour de récréation des tigres
 

Bien que les bonzes assurent que les tigres sont non-violents, des résidents du temple ont des cicatrices un peu suspectes et les villageois qui habitent près de la pagode indiquent que quelques-uns ont été lacérés. « Un jour nous voulons les renvoyer dans la forêt, quand ils seront prêts », explique le supérieur. Pour cela, les tigres n’ont pas besoin d’aller très loin. Le temple est situé dans une petite plaine entourée de forêts parsemées de rochers, à une quarantaine de kms du célèbre pont de la rivière Kwai. Mais les braconniers et contrebandiers sont encore nombreux dans la région proche de la Birmanie et les tigres sont une espèce menacées : leurs os partent vers le grand marché chinois, pour leurs vertus médicinales réelles ou supposées.

« Nous ne savons pas exactement combien il reste de tigres en liberté en Thaïlande, c’est entre 150 et 500 », explique Robert Mather, qui dirige le World Wildlife Fund (WWF) dans le pays.
 

 
 
De Bonjour Thailande
 
 
 
 
 
 
La province de Kanchanaburi
 

Située à environ 130 kilomètres à l'ouest de Bangkok, près de la frontière Birmane, la ville de Kanchanaburi est surtout célèbre pour son pont : le pont de la Rivière Kwaï immortalisé par le livre de Pierre Boulle et surtout par son adaptation cinématographique, le célèbre film de David Lean (1957).

La province de Kanchanaburi est restée assez sauvage. Les touristes occidentaux sont encore assez peu nombreux ici. C'est un lieu de villégiature des Thaïs, surtout durant les week-ends mais les touristes chinois et japonais sont également assez nombreux. Outre le fameux pont et sa voie ferrée, cette province offre une nature luxuriante, avec des parcs nationaux où il fait bon se promener, des chutes d'eau parmi les plus spectaculaires du pays et des grottes où vécurent des hommes du néolithique. La géographie du lieu a favorisé l'implantation de barrages hydro-électriques, créant ainsi de vastes retenues d'eau. Les nombreuses rivières qui sillonnent la province ont permis le développement d'activités touristiques comme le rafting. Il est même possible de dormir sur des hôtels flottants, une des attractions du coin. Enfin, Kanchanaburi est la ville des saphirs. Les mines se situent au nord de la ville. De nombreuses échoppes proposent des pierres précieuses, mais gare aux imitations !

 
 
Des touristes avec les tigres