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 Le Judaïsme

 

Les principes

Le principe fondamental du Judaïsme est l'alliance du Dieu unique (Jahvé) avec les hommes qu'il a créés et à qui il a donné ses commandements.

La création du monde n'apparaît en fait que comme un événement introduisant l'alliance de Dieu avec les hommes. Dieu établit un dialogue personnel avec les hommes qu'il a créés et il définit sa présence réelle (Jahvé: "Je suis celui qui suis"). L'homme n'est pas un objet passif de la grâce ou du dessein divin, il est appelé à participer activement à son salut en menant une vie digne.

 

La sortie des animaux de l'arche de Noé. Après le déluge, l'humanité reçut un nouveau départ qui était le début des temps historiques.

Le leitmotiv de l'alliance apparaît dans le premier livre de la Bible au moment du déluge, avec Noé. Dieu conclut une alliance qui garantit l'ordre de la création et l'arc en ciel est le signe de cette alliance.

Puis avec Abraham prêt à sacrifier son fils Isaac, Dieu conclut l'alliance avec sa descendance. L'ange du ciel et ses paroles en sont le signe: "Parce que tu as fait cela pour l'amour de Dieu, tu seras béni, et ta descendance sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel".

Moïse conduit les hébreux hors d'Egypte. Ils échappent à leurs poursuivants grâce à la traversée miraculeuse de la mer rouge.

Enfin l'alliance avec Moïse qui libère le peuple d'Israël de l'esclavage égyptien pour le conduire en terre promise et dont le signe de l'alliance est donné avec les dix commandements gravés sur les tables de pierre au mont Sinaï. L'alliance, qui est un signe de la rencontre sans cesse répétée entre Dieu et l'homme, implique que le Judaïsme n'a pas besoin d'intercesseurs particuliers auprès de Dieu comme c'est le cas pour le Christianisme avec Jésus ou pour l'Islam avec Mahomet...

 

Les saintes écritures

Adam et Eve chassés du paradis à la suite du péché originel. Cette histoire illustre la tentation que subit l'être humain d'écouter d'autres voix que celles de Dieu.

Les Juifs sont le peuple du livre, c'est à dire de la bible hébraïque et leurs écritures sont au cœur de leur religion. La Torah est la pierre angulaire de la foi juive. Elle fut promulguée comme constitution de la vie religieuse des Juifs par Esdras le scribe.

A l'origine existent un peuple et surtout un législateur, Moïse. Les écrits postérieurs et la tradition lui attribuent l'essentiel, le cœur, le fondement de la religion. Moïse est l'interlocuteur de Dieu, le dépositaire de l'alliance de Yahvé et du peuple élu. Dictés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï, les dix commandements sont les prescriptions sur lesquelles repose l'alliance entre Dieu et son peuple. Ce décalogue est le fondement de la loi hébraïque. On le trouve dans l'Exode 20: 1-17 et est résumé ainsi:
1) Je suis l'éternel ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte.
2) Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi. Tu ne feras point d'idole.
3) Tu n'invoqueras point le nom de l'éternel en vain.
4) Souviens toi du Sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras, mais le septième tu te reposeras.
5) Honore ton père et ta mère.
6) Tu ne tueras pas.
7) Tu ne commettras pas d'adultère.
8) Tu ne voleras pas.
9) Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
10) Tu ne convoietras pas le bien d'autrui.

Moïse annonce les dix commandements qui représentent la révélation absolue de l'alliance avec Dieu.

Au fil des âges, les textes sacrés des juifs ont été regroupés en 3 sections qui constituent le canon des écritures:

I) La Torah (loi) composée des 5 livres de Moïse ou Pentateuque: (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome)
1) La Genèse est le premier livre fondateur du peuple d'Israël, il raconte le préhistoire du peuple hébreu depuis la création du monde jusqu'à la mort de Joseph et la prophétie du retour à la terre promise.
2) L'Exode raconte des épisodes qui concernent à la fois Israël et l'Egypte, avec deux événements marquant qui sont la libération de l'esclavage en Egypte et la conclusion de l'alliance de Yahvé avec Moïse sur le mont Sinaï. L'Exode est le livre qui contient la plus grande variété de genres, narrations d'événements, contes, poésies, généalogies, textes législatifs, rites culturels et préceptes moraux.
3) Le lévitique nommé ainsi puisque la tribu de Lévi est la tribu des prêtres chargés de la religion et que ce livre rassemble des collections variées de coutumes anciennes et récentes concernant le culte, la sacerdoce et les lois religieuses.
4) Les Nombres ainsi nommé parce qu'il comporte dans ses premières pages le dénombrement de toute la communauté des enfants d'Israël, c'est l'histoire de la transformation du peuple d'Israël en une communauté sainte.
5) Le Deutéronome(seconde loi) fait figure de réédition de la loi mosaïque et est un discours d'adieu de Moïse à son peuple. Il se termine par de cantique de Moïse.

II) Les Neviîm (prophètes) composés de textes purement prophétiques et historiques, les livres de Josué, des juges, de Samuel et des Rois rangés sous l'appellation de "premiers prophètes" pour les distinguer des "prophètes postérieurs", Isaïe, Jérémie et Ezéchiel (les trois grands prophètes) et Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie (les douze petits prophètes).

III) Les Kétouvim (hagiographes) composés des Psaumes, Proverbes, livre de Job, Ruth, les Lamentations, L'ecclésiaste, Daniel, Esdras, Néhémie et les chroniques ainsi que le Cantique des cantiques auquel s'ajoute le livre d'Esther. Mais certains livres sont exclus du canon: Les Maccabées, le livre de Tobie, Judith, la sagesse de ben Sirach étaient des écrits trop tardifs, trop récents pour acquérir un statut sacré et reçurent le nom d'apocryphes (cachés).

Le sommet du Djebel Moussa où selon la tradition, Dieu se révéla à Moïse.

Plus tard vers 100 avant J.C. les Pharisiens firent des interprétations orales de la Torah qui furent misent par écrit à la fin du IIème siècle et constituent la Mishna (enseignement). Vers la même période des commentaires littéraires, allégoriques et philosophiques de la Torah effectués par les rabbins donna naissance au Midrash.

A la fin du Vème siècle en raison du danger des persécutions romaines, les enseignements furent réunis dans une compilation nommée Gemara (complément).

La Mishna et la Gemara forment ensemble l'énorme recueil qu'on appelle le Talmud qui est la mémoire et la spécificité du Judaïsme.

Dans la tradition rabbinique, la Torah est "un instrument de purification" offert aux hommes.

 

Les croyances

La croyance fondamentale du Judaïsme repose sur l'unicité absolue de Dieu. Dieu est unique, créateur de l'univers, il est l'Eternel, il est le début et l'infini. Il n'est pas seulement le créateur qui a tout créé à partir de rien (début) mais aussi le rédempteur à la fin des temps et le meneur omniprésent de l'histoire.

Si le nom de Dieu s'écrit à l'aide du tétragramme JHWH, il ne se prononce jamais car Dieu est innommable, on ne peut le restreindre à un nom, le définir serait délimiter son essence absolue. Aussi est il évoqué par d'autres noms comme HaShem (le Nom), Adonaï (le Seigneur) ou Elohim, cette dernière appellation est employée au singulier comme au pluriel. Dieu se montre sous plusieurs formes tout en gardant sa nature absolue et son indivisibilité. Jahvé bien qu'étant également un nom souvent utilisé pour désigner Dieu, ne fait pas partie de la tradition juive. On ne le trouve en fait que dans les textes écrits par les chrétiens à propos du Judaïsme.

Moïse Maimonide fut le plus grand théologien de son temps, ses 13 articles sont toujours récités dans les synagogues.

C'est un Dieu exigeant qui apporte les commandements éthiques aux hommes et réclame leur observance. La théologie juive n'a que peu de dogmes fondamentaux. Au XIIème siècle le grand théologien Moïse Maimonide les rassembla en 13 articles de foi qui sont toujours récités dans les synagogues.
1) Dieu a créé et gouverne tout ce qui existe.
2) Dieu est un.
3) Dieu est esprit et ne peut être représenté.
4) Dieu est éternel.
5) Dieu est le souverain du monde à qui nous devons adresser nos prières.
6) Il s'est révélé aux prophètes.
7) Moïse fut le plus grand des prophètes.
8) La loi a été donnée par Dieu à Moïse.
9) La loi de Dieu est immuable.
10) Dieu connaît toutes les actions et toutes les pensées des hommes.
11) Dieu récompense ceux qui accomplissent ses commandements et punit ceux qui les transgressent.
12) Dieu enverra le Messie annoncé par les prophètes.
13) L'âme est immortelle et les morts ressusciteront.

Vers 1250-1305 Moïse de Léon de Grenade écrit le texte kabbalistique fondamental et le troisième grand livre sacré du Judaïsme après la Bible et le Talmud. Il s'agit du Zohar (Sefer ha-Zohar: livre de la spendeur) qui donne une interprétation mystique de la Bible. De caractère initiatique, cette gnose (connaissance ésotérique des mystères) s'intéresse aux vérités cachées, transmises de maître à élève, de génération en génération. L'idée centrale de la Kabbale est que Dieu est sans limite et que malgré le désir qu'on a de communier avec lui, cet infini ne peut être connu que par ses attributs, les 10 sephirot: couronne, sagesse, intelligence, amour, justice, beauté, fermeté, splendeur, fondement, royaume. Réunis, ces éléments de la création forment l'Adam Kadmon, l'homme primordial, modèle de l'homme d'en bas qui est un microcosme de l'univers. Ces 10 sephirot figurent les 10 nombres originels ou puissances de création, à savoir les 10 forces émanant de Dieu dont les interactions dans un ordre précis définissent tous les événements du monde. Cependant ces forces peuvent être influencées grâce à la foi et à l'obéissance à la Torah.

L'ancienne fortification de Massada. Après 70, les troupes romaines détruisirent Jérusalem et chassèrent la population. Plus de 900 personnes se réfugièrent dans le fort de Massada et résistèrent 3 ans. Ils choisirent de se donner la mort plutôt que de subir la captivité.

Certains juifs espèrent toujours que le Messie descendant de la maison de David viendra établir le rayaume de Dieu sur terre. Mais aujourd'hui, la plupart attendent plutôt une "ère messianique" de paix et d'harmonie, réalisée ici-bas par les efforts conjugués des hommes.

Tous les juifs croient en l'immortalité de l'âme et les traditionalistes croient en la résurrection à l'heure du jugement dernier.

La souffrance est une notion importante dans la religion juive. La souffrance qui s'abat sur les hommes est une conséquence de la liberté éthique dont ils disposent. En effet, étant capables de discerner le bien et le mal ils sont libres dans leurs actions.

La souffrance peut être punition, épreuve ou expiation du juste. Dans le Judaïsme, la souffrance en tant qu'expiation du juste représente une explication du destin du peuple d'Israël. Cependant le Judaïsme moderne a intensifié son interrogation sur les sens de la souffrance après les tourment vécus au XXème siècle.

Entrée du camp d'Auchwitz-Birkenau où des milliers de juifs furent exterminés.

La prière est un échange avec Dieu d'une importance capitale pour les juifs. Elle exprime la sollicitation et la reconnaissance et doit venir du cœur. Elle est récitée à des moments fixes et en certaines occasions selon des règles établies, le matin, l'après-midi et le soir. La prière individuelle complète les prières rituelles.

 

Les mouvements

Le roi David est une figure de proue pour les juifs. Il passe pour être l'auteur des Psaumes.

Au début du 1er siècle, le mouvement des juifs pieux (Hassidim) s'était scindé en 2 branches: les Pharisiens et les Esséniens. Mais à cette époque d'intense agitation, l'expression de la foi pouvait revêtir bien des formes.

Les Pharisiens (les séparés): Après la catastrophe de 70, le pharisianisme occupa d'autant mieux le devant de le scène qu'il restait à l'écart des engagements politiques et renforçait son image de parti purement religieux. Spécialistes de la tradition orale, les Pharisiens avaient une lecture plus ouverte de la Torah, ce qui fut à l'origine d'une série de règles connue sous le nom de Loi orale incluse plus tard au Talmud.

Les Esséniens avaient pour centre Qumram, près de la mer morte. Leur intransigeance les avait amenés à se retrancher de la société pour se retirer dans le désert. Ils y menaient une vie de type monastique ou l'ascétisme et les rites de purification par l'eau tenaient une grande part.

Les Sadducéens prêtes et aristocrates collaborèrent avec les romains pour protéger leurs richesses et conserver leur influence dans le conseil juif appelé Sanhédrin. Ils interprétaient la Torah au pied de la lettre, rejetant la tradition orale. La chute du temple sonna le glas de leur pouvoir.

Le mur des lamentations est la partie restante de l'enceinte du temple bâti par Hérode. C'est un lieu de prière mais comme son nom l'indique, c'est ici que les juifs viennent se lamenter de la destruction du temple en 70.

Les Zélotes qui regroupent les activistes juifs, ultranationalistes, extrémistes qui luttèrent par tous les moyens pour libérer la Judée. Préférant la mort à la soumission à des païens, les Zélotes se vouaient corps et âme au service de Dieu.

Puis au moyen âge, la diaspora juive se divisa en deux groupes. Les Sépharades originaires d'Espagne, du Portugal et du bassin méditerranéen écrivaient en arabe et parlaient le ladino, mélange d'espagnol et d'hébreu. Les Ashkénazes originaires d'Allemagne et d'Europe centrale écrivaient en hébreu et parlaient le yiddish un dialecte germano-hébreu. Aujourd'hui 70% des juifs appartiennent à cette tradition. A la fin du XIIIèmesiècle les juifs furent expulsés d'Angleterre, 100 ans plus tard, ils le furent de France et un siècle après d'Espagne. Ce fut le temps des ghettos.

Pogrom: pillage dans la ruelle des juifs de Francfort en 1614 après que les corporations les aient accusés de délit d'usure.

Au XVIIIème siècle le Hassidisme (la foi dans le joie) mouvement piétiste apparut comme une révolte de la piété ardente contre la rigidité du Judaïsme traditionnel. Ce mouvement privilégiait la joie et la ferveur sur l'intelligence et la froide érudition des purs tenant du légalisme. Cette approche simple et souriante de la religion toucha le cœur du peuple pour qui Eliezer, chef de file du mouvement devint le Ball Shem Tov, maître du bon nom. Une flambée de danses, de chants et de poésie redonna une seconde jeunesse à une foi vieille de 36 siècles.

Au XIXème siècle le Judaïsme réformé prit naissance an Allemagne. C'était un mouvement à tendance rationnelle et humaniste qui adaptait la religion aux temps nouveaux. Les synagogues accueillirent la musique d'orgue, la langue vulgaire, et une liturgie abrégée. Les lois diététiques furent assouplies et les femmes purent s'asseoir à coté des hommes avec des droits et des devoirs religieux égaux.

Une réaction vigoureuse du Judaïsme traditionnel se fit jour à Francfort avec le mouvement de néo-orthodoxie qui admettait les impératifs de la société moderne mais voulait les concilier avec la stricte observance des pratiques héritées des interprétations rabbiniques.

Enfin lentement, irrésistiblement, le désir violent d'un retour à Sion, l'ancien nom d'Israël se transforma en une idéologie qui donna naissance à un mouvement politique incarné par Herzl, le Sionisme. En nombre grandissant les juifs partirent s'installer en terre sainte en 1948. Le 14 mai l'état d'Israël était proclamé. La nouvelle déclencha immédiatement l'attaque de l'Egypte, de l'Irak, de la Transjordanie, du Liban et de la Syrie. En dépit des tensions la culture israélienne rayonna sur le vie juive, les arts s'épanouirent, l'hébreu connut un spectaculaire renouveau et l'université hébraïque de Jérusalem se tailla une réputation mondiale.

Theodor Herzl, journaliste et écrivain hongrois. Il est le fondateur du sionisme avec son ouvrage: l'état des juifs.

 

 De AACAWEB