
Jérusalem
Jérusalem (également
nommée Hiérosolyme, Solyme ou Salem en ancien français, Yerouchalayim en
hébreu, al Quds pour les arabophones musulmans ou Ûrshalîm pour les
arabophones chrétiens ; la dénomination israélienne officielle étant
Yerushalayim) est une ville du Proche-Orient qui tient une place
prépondérante dans les religions juive, chrétienne et musulmane, et dans le
sentiment national israélien. L'État d'Israël a proclamé Jérusalem unifiée
comme étant sa « capitale éternelle ». Cette désignation n'est pas reconnue
par la communauté internationale. Jérusalem-Est, considéré comme un
territoire occupé, est également revendiquée comme capitale d'un éventuel
futur État palestinien.
Située sur le mont Sion, à 745 m d'altitude, la ville s'étend, début 2005,
sur 200 km2 pour une population de 704 900 habitants. La ville qui est le
chef-lieu du District de Jérusalem, est très hétérogène : s'y mêlent de
nombreuses religions, peuples, groupes socio-économiques. La partie nommée «
vieille ville » est entourée de remparts et est constituée de deux quartiers
à dominante arabe, dits quartier chrétien et quartier musulman, d'un
quartier à dominante arménienne et d'un quartier à dominante juive.

Mur des lamentations et alentours
Antiquité (préhistoire -6 av. J.-C.)
D'imposantes fortifications datées de -1700 montrent qu'à cette époque
Jérusalem était une ville de taille importante. Il s’ensuit une phase de
déclin très marquée comme dans toute la région due à l’invasion des peuples
de la mer. Jérusalem redevient un petit village de montagne d’environ 1 000
habitants sur une superficie de six hectares. Les tablettes d'el-Amarna
écrites en akkadien nomment la ville Ourousalim (« ville de la paix ») vers
-1300. En -722, Samarie, la capitale du Royaume d'Israël étant occupé par
les Assyriens, ses habitants affluent vers le Sud, à Jérusalem, qui était la
capitale du petit royaume de Juda. Le développement de la ville est alors
foudroyant et sa population passe à 12 000 habitants sur une superficie de
soixante-quinze hectares. En -587, Nabuchodonosor prend la ville, pille le
temple et déporte le roi Yehoïakîn (Joaquin) ainsi que les notables à
Babylone. Les Babyloniens établissent Tsidquya (Sédécias) gouverneur de
Jérusalem. Celui-ci se révolte, ce qui entraîne un nouveau siège,
temporairement levé par l'intervention d'une force égyptienne. Nebouzarradan,
général de Nabuchodonosor, revient et prend définitivement la ville. Mais
cette fois, le Temple est complètement détruit, les murailles de la ville
aussi, et quasiment tous ses habitants conduits à Babylone. Après une
captivité de 70 ans, les Juifs sont autorisés par Cyrus le Perse à regagner
la Judée sous la conduite d'Ezra et Néhémie. Ils retournent à Jérusalem, y
ramenant les trésors du temple. Sous le gouverneur Zorobabel, le temple est
reconstruit. Enfin, durant le règne d'Artaxerxés, Néhémie reconstruit les
murailles de Jérusalem. Le récit biblique des Chroniques s'arrête à cet
épisode.
La ville passe sous domination grecque et selon la tradition juive,
Alexandre le Grand la visite. Jérusalem échoit ensuite au général Séleucos,
mais le Lagide Ptolémée s'en empare et Jérusalem est sous domination
égyptienne jusqu'à la bataille du Pannion en -198, remportée par Antiochos
III Megas contre Ptolémée V. Antiochus IV Epiphane tente d'helléniser
complètement la ville et dédie le temple à Zeus, ce qui provoque la révolte
dite des Macchabées (Hasmonéens), qui aboutit à l'établissement de leur
dynastie sur la terre d'Israël. Simon Macchabée, après une longue guerre,
obtint de Démétrios Nicator la reconnaissance de l'indépendance juive en
-141.
Cependant, à la suite de dissensions intestines, les Hasmonéens demandent
l'arbitrage des Romains, et en 63 av. J.-C., les troupes de Pompée pénètrent
dans la ville, rapidement placée sous « protectorat » romain.
Ceux-ci choisissent d'établir comme roi Antipater l'Iduméen. Son fils,
Hérode, embellit la ville et s'y construit un palais. Surtout, il rénove le
Temple et double la superficie de son esplanade. La forteresse Antonia
accolée au temple abrite la garnison romaine. C'est là que débute la
narration du Nouveau Testament de la Bible chrétienne.

Carte de Jérusalem en mosaïque du VIè siècle
Période romaine (6 av. J.-C. - 638)
Pour les chrétiens, aux
alentours de l'an 33, Jésus de Nazareth ou Jésus-Christ y fut condamné à
mort et exécuté sur une colline voisine de la ville, Golgotha.
Suit la première révolte des Juifs de 66, racontée en détails par Flavius
Josèphe dans la Guerre des Juifs. Cette révolte est réprimée et écrasée en
70 après J.-C., entraînant la destruction quasi-complète de la ville par
Titus. Les Juifs sont massivement exilés et dispersés dans l'empire : c'est
la constitution de la Diaspora, et la narration du Nouveau Testament se
termine sur cet épisode.
Selon une anecdote non validée par les historiens, le Colisée construit par
Vespasien aurait été financé avec le butin provenant de Jérusalem. L'arc de
Titus à Rome représente d'ailleurs la victoire des Romains emportant la
Ménorah de Jérusalem.
Carte de Jérusalem en mosaïque du VIe siècleL'empereur Publius Ælius
Traianus Hadrianus — Hadrien — rebâtit la ville pour les Romains. La
construction d'un temple, dédié au dieu romain Jupiter Capitolin, sur le
site du l'ancien temple d'Hérode, provoque une ultime révolte menée de 132 à
135 par Bar-Kokheba. À la suite de l'écrasement de cette révolte, Hadrien
renomme la ville Colonia Ælia Capitolina selon son propre nom de « gens »
Ælius (pour les Latins équivalent du nom de famille actuel), et en l'honneur
du dieu Jupiter Capitolinus. « Colonia » signifie colonie, et précise le
statut de la cité. Les Juifs seront interdits de séjour dans la ville
pendant près de deux siècles.
Au IVe siècle la mère de Constantin, Hélène, visite Jérusalem, tentant d'y
identifier les lieux saints et y parvient, puisque Hadrien avait également
construit des temples païens sur les sites du Saint-Sépulcre et de la
Nativité (à Bethléem). En 324, Constantin restitue son nom à la ville
Jérusalem, mais le nom de la province, Palæstina, ne sort pas de l'usage.
En 451, le patriarcat de Jérusalem est créé. La ville (Hagiapolis Ierusalem,
Cité Sainte) ou Hierusalem, est représentée sur plusieurs mosaïques
chrétiennes du Ve aux VIIIe siècle, en particulier sur la Carte de Madaba
(env. 560-565).
Moyen Âge : période musulmane et croisades (638 - 1516)
Croix de JérusalemLa ville fut prise par les Perses de Chosroès II en 614,
reprise par les Byzantins en 629, puis conquise par les Arabes en 638 après
un siège de deux ans.
Les musulmans y érigèrent le Dôme du Rocher sous Abd Al-Malik (687-691).
Al-Walid construit la Mosquée Al-Aqsa (vers 705-715). Harun al-Rashid
garantit à Charlemagne la protection des lieux saints, ce qui permet le
développement du pèlerinage.
En 1009, le calife Al-Hakim détruit l'Anastasis, l'église du Saint-Sépulcre
construite sous Constantin.
Plusieurs chefs musulmans tour à tour attaquèrent et conquirent Jérusalem.
Les Turcs Seldjoukides contrôlèrent la ville à partir de 1071 et
massacrèrent toute la population musulmane. Les Fatimides la prirent en 1098
juste un an avant qu'elle ne fût prise par les Croisés.
Croix de Jérusalem
À partir
du XIe siècle, les chrétiens lancèrent une série de croisades pour « libérer
» la ville et avoir accès à leurs lieux saints. La première croisade aboutit
à la prise de Jérusalem le 15 juillet 1099 et le massacre de sa population
musulmane et juive. Elle devient la capitale du Royaume latin de Jérusalem.
Un siècle plus tard, quand Renaud de Châtillon attaque les routes musulmanes
de commerce et de pèlerinage et menaçe d'attaquer La Mecque avec une flotte
sur la Mer Rouge, Saladin le capture lors de la bataille de Hattin et le
fait exécuter. Il capture également le roi Guy de Lusignan. Puis il s'empare
de Jérusalem le 2 octobre 1187. Il reprend rapidement toutes les cités
croisées, Tyr exceptée.
Il permet aux chrétiens de quitter les villes conquises et de regagner la
côte sains et saufs avec une partie de leurs biens, générosité
exceptionnelle pour l'époque et qui lui valut l'estime de ses adversaires. À
Jérusalem, il rendit à l'islam l'église du Temple (mosquée Al-Aqsa) mais
laissa aux chrétiens le Saint-Sépulcre et rendit aux juifs le Mur des
Lamentations et leurs synagogues, supprimées par les Croisés. Cette
mansuétude qui contraste avec le massacre qui avait eu lieu lors de la prise
de Jérusalem en 1099 par les croisés font beaucoup pour l'édification de
l'image du « Chevalier de l'islam ».
Hattin et la chute de Jérusalem provoquèrent la Troisième croisade. Cette
croisade reprit Acre et mais ne reprit pas Jérusalem. Saladin et Richard
Cœur de Lion arrivèrent à un accord pour Jérusalem en 1192 aux termes duquel
la cité resterait musulmane mais serait ouverte aux pèlerins chrétiens.
Jérusalem fut à nouveau ouverte aux chrétiens entre 1229 et 1244 puis
repassa sous contrôle exclusif musulman.
En 1267, Nahmanide ou Ramban crée la synagogue qui porte toujours son nom et
qui est à l'origine du retour des juifs dans cette cité après les massacres
de la première croisade.
En 1342, les Mamelouks autorisent les Frères mineurs à s'y réinstaller. Les
pèlerinages peuvent reprendre.
Période ottomane (1516 - 1917)
Le 30 décembre 1516, Sélim Ier fit son entrée à Jérusalem et
la ville passe sous domination ottomane. Son fils Soliman II, dit le
Magnifique, pourvut la ville d'aqueducs, de portes et de murs, qui existent
encore aujourd'hui, et donna à la vieille cité l'aspect qu'elle a gardé
pendant quatre siècles. Après sa mort, le déclin de la ville commence ; les
pèlerinages latins se raréfièrent et la communauté grecque orthodoxe, dont
les sujets étaient ottomans, acquit une position plus forte dans les Lieux
saints. En 1555, Charles Quint obtint de reconstruire la chapelle du
Saint-Sépulcre, qui devint ainsi propriété latine.
Deux œuvres du Tasse se réfèrent à Jérusalem : La Jérusalem délivrée (La
Gerusalemme liberata, 1580) et La Jérusalem conquise (1593).
Mandat britannique (1917 - 1948)
En décembre 1917, le général Allenby entre à pied dans
Jérusalem. La ville reste sous mandat britannique jusqu'en 1948, dans un
climat d'instabilité (attentats terroristes, violences). À partir de 1918,
des quartiers juifs virent le jour à l'ouest et au sud de la vieille ville
et le nombre des réfugiés juifs d'Europe centrale augmente sensiblement.
Cette implantation juive accrue provoqua des réactions arabes, qui
éclatèrent à Jérusalem en 1920 et 1928. Le haut-commissaire anglais Herbert
Samuel freina l'immigration juive dans une certaine mesure. En 1933, avec la
montée du nazisme, les Britanniques commencèrent à s'orienter vers un
partage du pays, Jérusalem devant se trouver sur la ligne frontière, à titre
de ville ouverte.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne voulant
limiter l'entrée en Palestine des nombreux rescapés juifs des camps
hitlériens d'autant que les revendications arabes devenaient plus vives, la
tension contre le gouvernement anglais monta rapidement des deux côtés. Le
22 juillet 1946, l'Irgoun, organisation juive clandestine, fit sauter une
aile de l'hôtel King David, siège de l'administration britannique. Des
combats à Jérusalem entre Juifs et Arabes ont commencé dès novembre 1947.
Histoire contemporaine (1948 à nos jours)
L'après-midi du 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de
l'État d'Israël. Le 27 mai, la Légion arabe contraint les Israéliens à
évacuer la Vieille Ville. Le 6 juin, les Israéliens parviennent à relier la
ville au reste du pays (la route de Birmanie). En juillet, l'aviation arabe
bombarde la ville. Le 7 janvier 1949, le Conseil de sécurité des Nations
unies impose la fin des combats.
Dès lors, la ville se retrouve partagée entre une partie occidentale
contrôlée par Israël et une partie orientale (y compris toute la vieille
ville) contrôlée par la Jordanie, séparées par un no man's land. La
circulation entre les deux parties est quasi-impossible. La plupart des
lieux saints, ainsi que le quartier juif de la vieille ville (vidé de ses
habitants) se trouvent alors sous contrôle jordanien. Toutes les synagogues
de la vieille ville sont saccagées ainsi que le cimetière du Mont des
Oliviers (dont une partie des pierres tombales sont utilisées pour
construire des latrines).
En 1967, à la suite de la guerre des Six Jours, Israël contrôle l'ensemble
de Jérusalem. Les juifs retrouvent leurs lieux saints, tandis que pour la
plupart des Arabes (chrétiens ou musulmans, des États arabes ou des
territoires occupés), l'accès à Jérusalem et à ses lieux saints devient de
facto plus difficile.
Israël proclame Jérusalem « capitale éternelle et indivisible de l'État
d'Israël » et annexe en 1982 puis en 1993 des territoires supplémentaires
dans les limites de l'État d'Israël et de la municipalité de Jérusalem. Plus
récemment, des implantations à l'Est de Jérusalem et le tracé de la «
barrière de sécurité » contribuent également à modifier l'équilibre
démographique et la structure économique en faveur du caractère juif de
Jérusalem.
La ville
de Jérusalem est considérée comme « trois fois sainte » car elle contient
les lieux les plus sacrés des religions juive et chrétienne et le troisième
lieu saint de l'islam, notamment Sunnite (pour les Chiites, la ville de
Nadjaf en Iraq semble lui ravir ce rôle) :

Mur des Lamentations, vestige du Temple
Dôme du Rocher et Mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint pour des musulmans.

Entrée du
Christ à Jérusalem - Icône ukrainienne
Jérusalem est un site privilégié :
pour les Juifs depuis plus de 2500 ans car Jérusalem est considérée à la
fois comme un lieu important des pérégrinations bibliques des patriarches
hébreux ; la capitale du roi David et plus tard du royaume juif hasmonéen ;
la ville où le culte religieux était rendu à l'époque des deux Temples et où
demeure le Mur des Lamentations, vestige du Temple et lieu de prière; un
lieu de pèlerinage religieux au cours des trois fêtes de pèlerinage; et le
symbole entretenu au cours des siècles d'un retour du peuple juif dispersé,
l'année prochaine à Jérusalem ;
par les chrétiens depuis le Ier siècle et les récits de la vie de Jésus de
Nazareth telle que décrite dans les Évangiles, depuis sa montée au Temple de
Jérusalem jusqu'à sa crucifixion et sa résurrection, selon le dogme chrétien
; consécutivement, on y trouve et on y vénère aussi des souvenirs de Marie
de Nazareth, de saints Étienne et Jacques qui y furent martyrisés, etc.
Sainte Hélène, mère de Constantin, et les empereurs byzantins y érigèrent
des sanctuaires somptueux sur les lieux saints. Ce lien entre les chrétiens
et Jérusalem a également été entretenu par les Croisades successives en
Terre Sainte au Moyen Âge. Jérusalem fut la capitale du Royaume latin de
Jérusalem de 1099 à 1187. Elle est l'un des patriarcats historiques (avec
Rome, Antioche, Alexandrie, Constantinople) ;
par les musulmans depuis le VIIe siècle, à la fois pour toutes les raisons
précédemment citées et également parce que la tradition fait de Jérusalem le
lieu d'où Mahomet aurait effectué son voyage nocturne. Il est à noter que le
Coran ne mentionne jamais explicitement le nom de la ville, mais décrit
comment Mahomet, étant arrivé à la Mosquée la plus lointaine, monte au Ciel
(al Mi`raj: l'ascension) accompagné par l'ange Gabriel. De 638 à 1917,
Jérusalem fut plusieurs fois dominée par des dynasties islamiques sans
qu'aucune ne la prenne pour capitale. Ce fut un lieu de pèlerinage,
notamment lorsque de grands projets architecturaux furent réalisés par les
Omeyyades et plus tard par les Mamelouks. Jérusalem tient aussi son
importance dans l'islam de part son rôle dans l'Apocalypse. En effet, elle
sera le théâtre de la Fin des Temps où Jésus viendra anéantir l'Antéchrist.

Le devenir de Jérusalem
Depuis
la destruction du temple de Jérusalem et la dispersion du peuple juif, le
judaïsme a toujours évoqué un retour à Jérusalem, ancienne capitale du
Royaume d'Israël de David. L'identité juive est restée liée à Jérusalem à
travers l'héritage biblique et historique qui a continué à être transmis et
enseigné de générations en générations depuis le second exil dit « de Rome »
du Peuple juif. Le premier exil babylonien avait déjà entraîné un premier
retour des Juifs sur la Terre promise pour reconstruire le Temple. Ainsi,
tous les ans durant la fête de Pessa'h (pâque juive), les mots L’an prochain
à Jérusalem viennent clôturer les cérémonies. La prière quotidienne
traditionnelle bénit la construction de Jérusalem et appelle au retour des
exilés. Cette aspiration au retour à Sion est restée vive au fil des siècles
et est devenue une revendication politique avec la naissance du sionisme
politique à la fin du XIXe siècle comme solution à l’antisémitisme européen.
D'un point de vue politique, Jérusalem fut proclamée capitale de l’État
israélien en 1949. Mais Israël n’avait pas accès au Mur des Lamentations
alors sous contrôle Jordanien. Il faudra attendre la guerre des Six Jours
pour que la partie Est de Jérusalem (qui inclut les lieux saints) soit prise
militairement aux Jordaniens et à la légion arabe : la vieille ville passe
ainsi entièrement sous contrôle israélien. La communauté internationale n'a
jamais reconnu l’annexion de Jérusalem. Il s'agit des résolutions 242 et 478
du Conseil de sécurité condamnant l’action d’Israël dans les territoires
occupés durant ce conflit. L'interprétation de cette résolution est
controversée. Israël s’est attaché entre 1967 et 1988 à la restauration du
quartier juif dévasté par l’occupation arabe mais aussi à accroître la
population juive dans la ville.
Liens entre Jérusalem, l’islam, le christianisme et les Palestiniens
Jérusalem est le lieu de rencontre des trois grandes religions monothéistes,
comme développé plus haut. Les Palestiniens comprennent deux communautés
religieuses principales, chrétienne et musulmane. Les chrétiens d'Orient
n'ont plus émis de revendications sur Jérusalem depuis la fin du Royaume de
Jérusalem. Ils ont toutefois continué à vivre en Palestine, à entretenir
certains lieux de pèlerinage importants et ils ont vécu la création de
l'État d'Israël comme une rupture. C'est parmi les Arabes chrétiens que l'on
trouve les plus fervents soutiens à une internationalisation de Jérusalem,
comme proposée en 1947. L'islam a déclaré Jérusalem comme sa troisième ville
sainte pour des raisons religieuses : c'est là que les musulmans se
réuniront le jour du Jugement Dernier. Les interprétations ont établi que
Jérusalem était le lieu d'où Mahomet aurait effectué son voyage nocturne. La
mosquée de Jérusalem s'appelle El Aksa, ce qui veut dire « le plus éloigné
». C'est de là que vient la confusion : le voyage nocturne vers un lieu de
culte « le plus éloigné » de Mahomet est nommé dans les hadiths. Mahomet
change la direction de la prière depuis Jérusalem au début de l'islam vers
La Mecque, probablement pour se démarquer des traditions chrétiennes et
juives.
Les organisations palestiniennes ont revendiqué pour la première fois cette
ville en 1968, dans le pacte de l'OLP, comme la troisième ville sainte de
l'Islam. Elle était absente du pacte de l'OLP de 1964.
L'OLP « laïque » de Yasser Arafat s'est souvent positionnée dans le sens de
ces revendications. Il a toujours refusé au cours des négociations d'avoir
une autre capitale que Jérusalem. L'Autorité palestinienne a aujourd'hui
pour siège principal la ville de Ramallah. L'OLP possédait à Jérusalem un
siège officieux, la « Maison d'Orient », dirigée par Fayçal Husseini ; en
2001, cette institution a été fermée de force. Jérusalem est la ville
d'origine de réfugiés palestiniens qui souhaitent revenir y vivre. La
question du statut final de la ville est ainsi intimement liée à la question
des réfugiés palestiniens.

De Wikipédia
