RAMAKRISHNA

 

Bhagavad Guita - Extrait du deuxième chapitre

 

Arjouna dit :

            Comment décrit-on un homme dont la sagesse est bien établie et qui est ferme dans la contemplation, ô Keshava, comment parle-t-il ce sage à l’intelligence stable, comment s’assied-t-il et comment marche-t-il ?

Le Seigneur béni dit :

            Quand un homme abandonne tous les désirs de son mental, ô Partha, et qu’il trouve satisfaction en soi-même, par Atman, alors il est appelé un sage au mental très stable.

Celui dont le mental n’est pas troublé par le chagrin, celui-là est sans désirs ardents pour les plaisirs, il est libéré de l’attachement, de la crainte et de la colère, il est appelé un sage au mental très stable.

Celui qui n’est attaché à rien ne se réjouit ni ne s’afflige en obtenant l’agréable ou le désagreable, celui-là est bien établi dans la sagesse.

Comme la tortue rentre tous ses membres, celui-là retire tous ses sens des objets des sens, en lui la sagesse reste fermement établie.

Les objets des sens se détournent de l’abstinent habitant du corps mais lui en laisse le goût et ce goût aussi l’abandonne lorsqu’il a vu le Suprême.

Ô fils de Kounti, les sens turbulents entraînent impétueusement même la raison du sage qui s’efforce d’atteindre la perfection.

Ayant maîtrisé tous ses sens, il doit avoir l’esprit fermement consacré à moi, en celui dont les sens sont maîtrisés, la sagesse est bien établie.

Celui qui s’attache aux objets des sens développe l’attachement pour eux, de l’attachement naît le désir, du désir vient la colère, de la colère l’erreur, de l’erreur la divagation de la mémoire, de la divagation de la mémoire la destruction de la raison, par la destruction de la raison l’homme périt.

Mais celui dont le mental est discipliné a ses sens sous son contrôle, celui-là se meut au milieu des objets des sens degagé de l’attraction et de la répulsion, il atteint la sérénité.

Dans cet état de paix est la fin de toutes souffrances.  La raison, boudhi, de celui qui a l’esprit tranquille atteint bientôt l’équilibre.

Celui dont le mental n’est pas discipliné n’a pas la sagesse, il ne peut avoir de méditation, sans méditation il n’a pas de paix, et sans paix, comment aurait-il le bonheur ?  Car le mental qui s’attache aux sens errants emporte avec lui la discrimination comme un vent violent entraîne un navire sur l’eau.

Alors, ô puissament armé, celui qui a ses sens réfrénés, retirés complètement des objets des sens, celui-là a sa boudhi bien établie.

Celui qui est maître de soi est éveillé à Cela, le Suprême, qui pour tous les autres êtres est nuit obscure.  Ce qui est le temps de veille pour ces êtres est la nuit pour le sage qui ne voit que le Suprême.

Comme un océan étale et tranquille n’est pas agité par les fleuves qui s’y déversent, de même un sage reste calme quand les désirs entrent en lui.  Celui-là atteint la paix et non celui qui désire les désirs.

L’homme qui vit libre de tous désirs n’a ni égo ni mien, il atteint la paix, c’est l’état de Brahman, Partha, celui qui l’atteint n’est plus induit en erreur.

Etant établi en cela, quand bien même serait-ce à la fin de sa vie, il atteint le nirvana de Brahman.

           

            Tel est dans les Oupanishads de la Bhagavad Guita, la science de Brahman, les écritures du yoga, le dialogue entre Shri Krishna et Arjouna, le deuxième chapitre, intitulé le yoga selon le Samkhya.