Ramakrishna Ramakrishna Ramakrishna

 

Les disciples de Ramakrishna

 

Les disciples moines

qui fondèrent l'Ordre qui porte son nom

 

 

 

La pureté de Swami Premananda

Ramakrishna nous dit: “Un autre état (de grâce) arrive durant lequel je ne peux toucher personne.  Si l’un d’entre eux (montrant les dévots) me touche, j’en crie de douleur.”, précisant davantage: “Durant les béatitudes, un état semblable m’arrive parfois tel que je ne peux toucher que lui (montrant Babouram)*.  Quand il me soutient, alors, je ne ressens aucune douleur.  S’il me nourrit, je peux manger.”

* Le futur Swami Premananda était, aux dires de Ramakrishna, particulièrement pur.

 

Deux anecdotes

Alors qu’il était sur un bateau en route pour Dakshineshwar, Yoguin (le futur Swami Yogananda), interrogé sur sa destination, répondit qu’il allait voir Ramakrishna.  La personne qui lui avait posé la question se mit à dénigrer le Maître: “Qui est-ce sinon un imposteur?  Ah, c’est une belle tromperie du public!  Il mange bien, dort sur des coussins confortables et tourne la tête des étudiants.”  Yoguin voulut défendre le Maître, mais trop réservé, il se dit: “Beaucoup de gens, sans avoir essayé de le comprendre, ont mauvaise opinion de lui et en disent du mal.  Qu’y puis-je?”  Il n’émit donc aucune protestation.  Arrivé à Dakshineshwar, il raconta ce qui s’était passé au Maître.  Yoguin pensait que le Maître, que nul n’avait jamais vu réagir ni au blâme ni à la louange, en rirait.  Mais Ramakrishna lui dit: “Ah, il a mal parlé de moi et tu es venu ici en écoutant sans rien dire et sans rien faire!  Sais-tu ce que disent les Écritures?  On doit couper la tête à celui qui dit du mal de son gourou, ou quitter la place.  Et tu n’as pas murmuré le moindre mot contre cette calomnie” 

Le futur Swami Niranjanananda avait, lui, un solide caractère.  Lui aussi, allant à Dakshineshwar par bateau, fut témoin de   médisances à l’endroit du Maître.  Il protesta énergiquement.  Mais cela n’eut aucun effet sur les personnes injurieuses.  Il se fâcha alors terriblement et fut sur le point de faire chavirer le bateau.  Nityaniranjan était corpulent, très fort et bon nageur.  Face à sa colère, ses adversaires prirent peur.  Ils lui demandèrent pardon, en l’implorant de ne pas faire couler le bateau.  Quand le Maître apprit l’histoire, il lui dit: “La colère est le plus dangereux et le plus répréhensible des péchés.  Peut-on s’y laisser entraîner?  La colère d’un homme bon est comme un trait sur l’eau qui disparaît aussitôt qu’il est dessiné.  Les gens malintentionnés disent des choses inconvenantes, si l’on veut se quereller avec eux, on doit y passer sa vie.  Considère ces gens comme des insectes et sois indifférent à leurs paroles.  Imagine seulement la grosse erreur que tu allais commettre sous l’influence de la colère.  En quoi le timonier et les rameurs t’avaient-ils offensé pour que tu fasses du mal même à ces pauvres gens?”

 

 

 

 

Les disciples laïcs et les proches

 

 

Hriday, le neveu de Ramakrishna, qui fut l'un des ses plus proches

 

Rani Rasmani, qui bâtit le temple de Kali de Dakshineshwar

 

 

 

Mathour Mohan Biswas, beau-fils de Rani Rasmani

 

Sambhou Chandra Mallick

 

 

Sourendranath Mitra

 

 

 

Balaram Basou

 

 

 

Aghoramani Devi, la 'maman de Gopala'

 

 

 

Girish Chandra Ghosh

 

 

 

Keshab Chandra Sen et ses disciples du Brahmo Samaj

 

 

Pourna Chandra Ghosh

 

 

Ramchandra Datta

 

 

 

Vijay Krishna Goswami

 

 

Mahendranath Goupta, dit 'M' 

 

 

 

 Gauri Ma

 

 

 

Golap Ma

 

 

Yoguin Ma

 

 

 

Pourna Chandra Ghosh

Pourna Chandra Ghosh était encore enfant quand il connut le Maître.  Il devait avoir un peu plus de treize ans.  Shri Mahendranath Goupta, M., était alors directeur de l’école de Shyambazar, fondée par le généreux pandit Vidyasagar.  Il amenait quelques fois au Maître des jeunes gens dont la nature lui semblait posséder l’amour de Dieu.  Ainsi, il lui conduisit Tejchandra, Narayan, Haripada, Vinod, Naren junior, Pramatha et d’autres encore du quartier de Baghbazar, qui placèrent leur foi en Ramakrishna.  Certains d’entre nous l’appelaient ‘le professeur kidnappeur’, et le Maître de renchérir à l’occasion: “C’est le titre exact pour lui.”  Un jour, entendant parler Pourna, Shri Mahendranath décida de le conduire au Maître, à l’insu de ses parents.  Il fut amené à Dakshineshwar et reconduit en voiture durant les heures de cours.  Le Maître fut très heureux de rencontrer le petit Pourna.  À son départ, il lui dit: “Viens quand c’est possible pour toi.  Viens en voiture.  Nous nous arrangerons ici pour payer la location.”  Il nous confia ensuite: “Pourna est une partie de Narayana et un aspirant spirituel possédant un haut degré de sattva.  De ce point de vue, on peut dire qu’il arrive juste derrière Naren.  Avec l’arrivée de Pourna, le cercle des disciples de ce haut rang, que j’ai vus il y a longtemps en visions yoguiques, venus ici dans le but de réaliser Dieu, est complet.  Nul autre de ce niveau ne viendra plus ici.”  De cette rencontre, Pourna fut transformé.  Il demeurait profond et tout à fait calme.  Parfois, il ne pouvait s’empêcher de pleurer de bonheur.  Il lui fut très difficile de cacher son état à ses parents.  Le Maître eut alors de plus en plus envie de voir Pourna et de le nourrir.  Il lui faisait envoyer de la nourriture secrètement, craignant que ses parents ne le punissent.  Puis le Maître pleura pour le voir.  Nous voyant étonnés, il nous dit: “Vous êtes surpris de me voir si attiré par Pourna?  Je me demande ce que vous auriez dit si vous aviez vu le désir qui enflamma mon cœur quand j’ai rencontré Naren la première fois et vu combien je me suis morfondu ensuite.”  Lorsqu’il ne pouvait résister à son désir de voir Pourna, le Maître se rendait à Calcutta sur le temps de midi, chez Balaram Basou ou quelqu’un d’autre à Baghbazar, puis faisait envoyer un mot pour chercher le garçon.  C’est de cette manière que Pourna rencontra le Maître pour la deuxième fois.  Le Maître le nourrit comme une maman, et il lui demanda: “Et bien, que penses-tu de moi?  Qui suis-je?”  Pourna: “Vous êtes le Seigneur divin, Dieu Lui-même.”  La joie du Maître fut sans borne.  Il bénit le jeune homme de tout son cœur, puis l’initia à un mantra secret et lui donna des instructions pour sa pratique.  Ensuite, sur le chemin du retour, le Maître ne cessa de dire: “Oui, Pourna n’est qu’un enfant.  Son intellect n’est pas développé.  Comment a-t-il compris cela?  Sous l’impulsion d’une divine inspiration, d’autres donnèrent la même réponse à cette question.  Cela est sûrement dû aux impressions de leurs vies antérieures que l’image de la vérité immaculée s’élève naturellement dans leurs esprits purs*. ”

Pourna se maria et vécut une vie de chef de famille.  Tous ceux qui l’ont connu n’ont pu que remarquer sa foi extraordinaire, son attachement à Dieu, son amour de la pratique, son humilité et son altruisme.

* 'Sattviques' dans le texte, du gouna sattva.

 

 

 

Une anecdote de Balaram Basou

Balaram Basou de Baghbazar était né dans une famille vishnouite et pratiquait avec foi dans sa confession.  Bien que vivant dans le monde, il n’était pas corrompu par celui-ci, et malgré sa relative prospérité matérielle, il n’était pas orgueilleux.  Il passait quatre ou cinq heures, tous les matins, en dévotions, et il ne blessait jamais un animal, fût-ce un insecte.  Dès que le Maître le rencontra, il lui parla comme s’il le connaissait depuis toujours.  Ramakrishna dira: “C’est un dévot du cercle intime du grand Seigneur Chaytanya.  Il appartient à cet endroit (lui-même).  J’ai vu en samadhi comment le Seigneur Chaytanya avec les grandes âmes Advaïta et Nityananda apportèrent un flot de noms de Hari sur le pays, et enivrèrent hommes, femmes et enfants au son des sankirtans, chantés par une merveilleuse compagnie de laquelle Balaram faisait partie.”

En très peu de temps, Balaram fit de grands progrès spirituels.  Lui ayant offert sa vie et tout ce qu’il possédait, femme, fils, richesse, Balaram n’eut plus qu’un seul but dans la vie, vivre dans la sainte compagnie du Maître autant que cela lui serait possible.  Et il ne lui suffit pas d’avoir obtenu la grâce du Maître, il fit venir à lui beaucoup de ses parents et de ses amis, afin qu’ils puissent profiter de la même bénédiction.


Pratiquant plus assidûment la méditation et étant dérangé par les moustiques à l’heure de se concentrer, Balaram se demanda s’il n’était pas préférable de tuer les moustiques et de méditer mieux plutôt que de les laisser en vie et de ne pas bien méditer.  Balaram nous dit: “Ma vieille conviction de ne devoir blesser aucun être reçut un rude choc à cette pensée, et mon esprit, plein de doutes, ne pouvait accepter l’idée de tuer les moustiques.  Je partis à Dakshineshwar pour interroger le Maître sur ce point.  Sur la route, je me demandai: ‘L’ai-je jamais vu tuer un moustique ou un autre animal?’  Je ne parvenais pas à me souvenir d’un tel acte de sa part, au contraire, un jour, voyant un homme marcher dans un champ vert d’herbe fraîche, Ramakrishna eut l’impression que l’homme lui martelait la poitrine.  Je me dis que lui poser la question était inutile, mais que, toutefois, j’irais le voir et prendre sa bénédiction.

“J’atteignis Dakshineshwar et arrivai devant la porte de la chambre du Maître.  J’avais été étonné de voir de loin ce qu’il était en train de faire.  Je l’avais vu attraper des punaises dans son lit et les tuer.  Je m’approchai de lui et m’inclinai, il me dit: ‘Beaucoup de punaises grouillent dans l’oreiller.  Elles me mordent jour et nuit, distraient mon esprit et mon sommeil.  Alors, je les tue.’  Je n’avais plus aucune raison de poser ma question.  Mais tout de même songeur, je pensai: ‘Je suis venu le voir à n’importe quelle heure, sans le prévenir, durant deux ou trois ans.  Je suis venu la journée et reparti le soir.  Je suis aussi venu au crépuscule et reparti après trois heures du matin.  Je suis ainsi venu et reparti trois à quatre fois par semaine, mais jamais, je ne l’ai vu faire cela.  Comment est-ce possible?  La réponse, la voici:  Si je l’avais vu agir ainsi avant, j’aurais perdu la foi que j’avais en lui.  Le Maître miséricordieux, ne se comporta donc jamais de cette manière en ma présence.’”

De la 'Biographie de Ramakrishna'